Le marché pétrolier se portait mieux hier par rapport à lundi, journée d’ouverture hebdomadaire marquée par une forte baisse des cours, qui a valu aux deux références une perte de plus de 3%, soit leur plus bas depuis trois semaines.
A la mi-journée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre s’affichait à 40,92 dollars à Londres, en hausse de 1,14% par rapport à la clôture de la veille. De son côté, le baril américain West Texas Intermediate (WTI), pour le même mois, gagnait 1,24% à 39,04 dollars.
L’or noir doit se redressement, notamment à l’ouragan Zeta qui a provoqué l’arrêt d’une partie de la production dans cette conjoncture sous la menace d’une offre excédentaire, sous l’effet du recul de la demande à cause de la recrudescence de la Covid-19 et le retour en force de la production libyenne. La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a fait part, lundi, de la levée de l’état de force majeure sur le dernier champ pétrolier bloqué, déclarant ainsi toutes les installations pétrolières opérationnelles. Bloqué depuis dix mois, le champ al-Feel produit habituellement quelque 70 000 barils par jour.
Une information venue de la même compagnie, vendredi, annonçant une augmentation de sa production à « plus d’un million de barils par jour dans quatre semaines ». L’ouragan Zeta, accompagné de vents violents et de fortes précipitations, a touché terre lundi près de la station balnéaire de Tulum, dans la province du Yucatan, située dans le Sud-Est du Mexique, déjà balayé voici quelques semaines par l’ouragan Delta.
Zeta a entraîné la fermeture de 16% des plateformes du Golfe du Mexique et il devrait ensuite poursuivre sa trajectoire vers les côtes du Sud-Est des Etats-Unis jeudi.
En dépit de ce rebond, les experts estimaient, hier, que « la situation sur le marché pétrolier reste confuse et inquiétante ».
La situation fragile que traverse le marché pétrolier laisse transparaître assez explicitement les dégâts qu’elle cause aux grandes compagnies du secteur. A l’exemple du géant britannique BP, qui a annoncé hier qu’il reste toujours plombé par la faiblesse des cours du pétrole en raison de la pandémie et ce, en dépit d’une réduction de sa perte nette au troisième trimestre à 450 millions de dollars. BP indique dans un communiqué que ses pertes depuis le début de l’année s’établissent désormais à 21,7 milliards de dollars. Au troisième trimestre de 2019, il avait déjà subi une perte de 749 millions de dollars, du fait d’aléas sur sa production.
BP avait décidé de passer dans ses comptes au deuxième trimestre une énorme charge, de l’ordre de 20 milliards de dollars, reflétant des dépréciations d’actifs afin de tenir compte du choc durable de la crise sanitaire sur les cours du brut. Ses résultats devraient donc être moins mauvais désormais, même s’ils ont souffert au troisième trimestre de prix du pétrole qui ont tourné autour de 40 dollars, contre 60 dollars un an plus tôt.