Les marchés pétroliers ont rouvert leurs portes, hier lundi, sous le signe de la baisse des cours, en contraste avec la situation de la semaine écoulée, où le baril s’est échangé vendredi à 41,61 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, coté sur le marché de Londres sur lequel est établi le pétrole algérien, a terminé la séance de vendredi en baisse de 1,13% ou 49 cents à 42,85 dollars contre 43,34 dollars la veille. Hier, lundi, en matinée, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, valait 42,22 dollars à Londres, en baisse de 1,47% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, pour novembre, perdait 1,63% à 39,94 dollars. Les deux cours de référence ont engrangé durant la semaine dernière environ 10%. Les cours reculent «du fait de la reprise du travail des salariés américains et norvégiens, après le passage de l’ouragan Delta et l’accord salarial» survenu vendredi soir en Norvège après une négociation de huit heures entre les compagnies et le syndicat Lederne, explique l’analyste Avtar Sandu, de Phillip Futures.
Cet accord a mis fin à l’arrêt depuis lundi dernier de six champs pétroliers représentant 8% de la production du premier producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest. Et l’ouragan «qui a interrompu la production d’environ 1,7 million de barils par jour» dans le Golfe du Mexique est finalement passé «sans causer de graves dégâts», retiennent d’autres observateurs des marchés. La reprise de la production en Libye pesait également sur les cours du brut, après l’annonce dimanche par la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) de la levée de l’état de force majeure permettant la reprise de la production pétrolière à al-Charara, un important champ pétrolier, après plus de 9 mois d’arrêt en raison du conflit en cours entre pouvoirs
rivaux dans ce pays voisin et de ses conséquences dans les zones où se trouvent les principales installations pétrolières.
En ce qui concerne la demande, l’Opep demeure optimiste. Dans son rapport annuel (Woo 2020), lancé jeudi dernier, l’organisation souligne que l’épidémie de la Covid-19 a entraîné «la plus forte baisse de la demande d’énergie et de pétrole de mémoire d’homme». Mais malgré la forte baisse en 2020, la demande mondiale d’énergie primaire devrait continuer de croître à moyen et long terme, augmentant de 25% de manière significative d’ici 2045, estime-t-elle. «En supposant que la Covid-19 soit en grande partie contenue d’ici l’année prochaine, la demande de pétrole devrait se redresser partiellement en 2021 et des taux de croissance de la demande sont prévus à moyen terme. A l’échelle mondiale, la demande de pétrole devrait passer de près de 100 mb/j en 2019 à environ 109 mb/j en 2045», lit-on dans le rapport de l’Opep.
A l’occasion du lancement de ce rapport, le Secrétaire général de l’Opep, Mohamed Barkindo, a déclaré : «Alors que nous tournons une page importante de notre histoire, l’engagement de l’Opep à assurer un approvisionnement efficace, économique et régulier en pétrole aux pays consommateurs et à apporter un soutien essentiel à l’économie mondiale est aussi inébranlable aujourd’hui qu’il l’était lorsque l’Organisation a été fondée il y a 60 années». Le Woo 2020 a mis en exergue les actions audacieuses et décisives prises par les 23 pays producteurs de pétrole de l’Opep et non-Opep dans le cadre de la Déclaration de coopération (DoC) en réponse aux défis commerciaux sans précédent résultant de la crise économique liée à la pandémie.
Ces pays se sont engagés à effectuer les ajustements de production de pétrole qualifiés par l’Opep des «plus importants et les plus longs de l’histoire, qui ont contribué à
restaurer la stabilité du marché depuis le deuxième trimestre de 2020 et à fournir une plateforme pour la reprise». <