Les cours du pétrole se reprenaient hier en cours d’échanges européens dans un marché prudent, alors que les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis avaient plombé les cours lundi.

Vers 14H00 GMT (16H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 68,04 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 40 cents par rapport à la clôture de lundi.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour le contrat de mai prenait 42 cents à 63,43 dollars une heure après son ouverture.
Lundi, alors que les marchés étaient fermés à Londres pour Pâques mais ouverts à New-York, les cours avaient reculé de 3,7% pour le Brent, plus forte baisse quotidienne depuis dix mois, tandis que le WTI avait cédé près de 3%, plus forte baisse depuis près de deux mois.
En cause, la forte baisse du marché des actions américaines, souffrant lui-même d’une aversion au risque provoqué par les tensions sur le commerce mondial, alors que la Chine a répliqué aux mesures de taxations douanières américaines en mettant en place des mesures coercitives sur 128 produits américains.
«Quand le S&P500 (indice des actions de New York) a des mouvements de plus de 2%, il est difficile d’acheter ou de vendre du pétrole sans garder un œil dessus», a commenté Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix.
Si le pétrole n’est pas directement visé par les mesures chinoises ou américaines, M. Jakob note que l’éthanol américain fait partie des 128 produits visés par la Chine.
Par ailleurs, les acteurs du marché ont pris connaissance des données officielles russes sur la production, qui a augmenté de 0,7% en mars par rapport à mars 2017, pour atteindre 10,97 millions de barils par jour. «A ce niveau, la Russie dépasse les objectifs de l’accord de limitation de la production», a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM.
La Russie, premier producteur mondial, s’est associée fin 2016 à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et à neuf autres producteurs pour s’engager à limiter leurs extractions afin de rétablir l’équilibre de l’offre et de la demande.
«Le marché du pétrole a pour habitude d’effectuer des mouvements brusques pendant les week-ends prolongés», a toutefois noté Tamas Varga.