Dans le sillage du retour à la hausse qui a marqué les marchés, le prix du baril du panier de référence du brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) s’est repris en fin de semaine dernière, s’établissant à 70,66 dollars le baril,  a indiqué l’Opep sur son site web.

A la clôture hebdomadaire de vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet s’affichait à 74,87 dollars, après avoir réalisé une nette progression de 1,25 dollar par rapport à la clôture de jeudi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet  crude» (WTI) pour le contrat de juin a gagné 1,29 dollar, finissant la semaine à 69,72 dollars, son plus haut depuis la fin 2014.
Introduit en 2005, le panier de référence de l’Opep comprend 14 types de pétrole, dont le Sahara Blend (Algérie), l’Iran Heavy (Iran), Es-Sider (Libye), Basra Light (Irak), Bonny Light (Nigeria), Arab Light (Arabie Saoudite), Girassol (Angola) et le Mery (Venezuela).
Pour rappel, les cours ont évolué la semaine dernière à la baisse pour rebondir jeudi, et surtout vendredi, à quelques jours  d’une décision très attendue de l’Administration américaine sur son potentiel retrait d’un accord sur le nucléaire iranien. «Nous ne sommes plus qu’à une semaine de la décision américaine sur l’Iran et cette perspective engendre beaucoup de volatilité», a indiqué James Williams, de WTRG. Le président américain, Donald Trump, menace de se retirer le 12 mai de l’accord nucléaire conclu avec l’Iran, tandis que Téhéran a averti, jeudi, de son côté, qu’elle quitterait l’accord sur le nucléaire si les Etats-Unis suivaient une telle voie.
En plus des facteurs géostratégiques, l’or noir est en train de se maintenir ces dernières semaines à ses plus hauts depuis plus de trois années grâce à la discipline observée par l’Opep et ses dix partenaires vis-vis de l’accord de réduction de la production. En mars dernier, cette discipline s’est traduite par un niveau de conformité record de 149%. Considérant que les efforts des pays engagés dans le processus de réduction de la production «continuent de donner des résultats positifs», le Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord Opep-non Opep (JMMC), avait, lors de sa récente réunion à Djedda, précisé que les niveaux des stocks commerciaux de brut de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), ont été ajustés, passant de 3,12 milliards de barils en juillet 2016 à 2,83 milliards de barils en mars 2018, soit une baisse de 300 millions de barils. Le JMMC avait, en outre, indiqué qu’il continuera à réfléchir à d’autres moyens pour renforcer la coopération Opep-non Opep. La prochaine réunion du comité est prévue le 21 juin prochain à Vienne, alors que la 10e réunion se tiendra à Alger en septembre 2018. En attendant ces échéances, le souhait d’une reconduction de l’accord de réduction, paraphé à Alger en décembre 2016 et entré en vigueur en janvier 2017 puis prolongé jusqu’à fin 2018, est réitéré à travers les déclarations de hauts responsables du secteur pétrolier représentant les intérêts de l’Opep et ses partenaires. Le dernier en date à s’exprimer dans ce sens est le secrétaire général de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), Abbas Ali al-Naqi, qui a récemment exprimé son souhait d’une «reconduction de cet accord et sa poursuite pour l’avenir». En attendant une reconduction de l’accord Opep-non Opep, l’organisation a, dans son dernier rapport mensuel, revu en hausse de 0,08 million de barils par jour (mb/j) son estimation de la production non-Opep cette année ; elle devrait atteindre 59,61 mbj, soit une croissance de 1,71 mbj sur un an.