« Selon les besoins du marché et l’impact de l’épidémie de coronavirus, une réduction sera-t-elle nécessaire? C’est de cela que va discuter le comité sur la base des rapports techniques qui lui sont soumis ». Une affirmation qui sonne comme une nécessité de réajuster les quotas des membres de l’Opep, et même à d’autres pays qui ne font pas partie de l’organisation pétrolière.

Une déclaration de Assem Jihad, porte-parole du ministère irakien du Pétrole qui en dit long sur l’inquiétude de l’Irak, deuxième producteur de pétrole de l’Opep, ainsi que sur celle des autres membres et partenaires de l’organisation des pays producteurs de pétrole. Le comité technique de l’Opep, plus la Russie et dix autres pays producteurs de pétrole, vont consacrer une réunion mardi et mercredi pour une éventuelle baisse des cours du brut qui ont été durement affectés avec l’épidémie du nouveau coronavirus. Une épidémie qui n’affecte pas uniquement les voies respiratoires mais aussi celle, impénétrables normalement des marchés pétroliers. La raison ? Elle est toute simple et sort de l’environnement immédiat de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie pour porter la « contagion » à tout l’empire du milieu, la Chine étant le pays le premier importateur au monde de l’or noir et le second consommateur. Pékin étant un rouage important du marché mondial, la quarantaine imposée à presque 80 millions de personnes et un quadrillage quasi militaire de villes comme Wuhan et Guangzhou à Canton, mais pas que, deux villes majeures du commerce chinois pour l’exportation de marchandise et de consommation de pétrole.
Une réunion devait rassembler tous les acteurs essentiels du marché pétrolier le 5 et 6 mars prochain, mais la propagation du coronavirus pourrait chambouler le l’agenda des pays de l’Opep et leurs alliés.
« Le comité technique discute de recommandations et toute nouvelle réduction de la production ne sera annoncée que lors d’une réunion ministérielle. Celle-ci, prévue les 5 et 6 mars, pourrait être avancée en février » selon les besoins du marché et surtout en fonction du bouleversement que pourrait occasionner le nouveau coronavirus, rajoutera le porte-parole du ministère de l’énergie de l’Irak à l’AFP.
A Vienne, une recommandation de réduction supplémentaire de la production « de 500.000 à 1 million de barils par jour », pourrait être nécessaire et même primordiale, selon les spécialistes du domaine énergétique.
L’OPEP+ avec les quatorze membres de l’OPEP et dix autres puissances pétrolières, dont la Russie, sont liés depuis fin 2016 par un régularité de limitation de leur production consacrée à maintenir les cours du brut face à une offre qui dépasse de très loin la demande. Pour rappel, Les prix du pétrole sont au plus bas depuis janvier 2019 et le baril de Brent, L ou brut de mer du nord, coté sur l’Inter Continental Exchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l’énergie, premier standard international pour la fixation des prix du pétrole, est redescendu sous la barre symbolique des 60 dollars qui a été franchie allègrement ces derniers mois, justement grâce à l’accord de réduction des quota initié après une crise aigüe des prix du baril de pétrole. Sur un mois, le baril a perdu de sa valeur, soit 11,9%, enregistrant ainsi sa plus sérieuse chute des prix depuis novembre 2018.<