Une autre journée marquée par la hausse des prix du pétrole. Hier, l’or noir continuait à améliorer ses gains et à maintenir sa tendance haussière, entamée depuis près de trois semaines sous l’effet des annonces de vaccins anti-coronavirus prometteurs.
Les espoirs d’un rebond de la demande mondiale grandissent de plus en plus et les prix suivent, se rapprochant même des 50 dollars. Hier, à la mi-journée, le Brent pour la mer du Nord pour livraison en janvier s’affichait à 48,52 dollars sur le marché londonien après avoir glané 1,38% par rapport à la clôture de mardi. Quant à la référence américaine West Texas Intermediate (WTI), pour le même mois, elle grimpait de 1,11% pour atteindre 45,41 dollars le baril. Des niveaux qui n’ont plus été atteints depuis le 6 mars dernier, faut-il le souligner, et ce, grâce à l’évolution positive des vaccins et des premières campagnes de vaccination massives programmées pour le mois prochain.
Les laboratoires Astra Zeneca, Pfizer/BioNTech et Moderna ont fait part, ces derniers jours, d’une bonne efficacité de leurs futurs vaccins contre la Covid-19, une véritable planche de salut pour la demande d’or noir.
Les prix s’améliorent grâce également aux signaux en provenance de l’Opep+ à propos d’un probable ajustement de son accord de réduction. L’augmentation de la production de 1,9 million de barils par jour est remise en cause ces derniers jours par les membres influents de l’alliance, et les déclarations faites dans cette perspective semblent avoir été prises en compte par le marché. Les membres de l’Opep+ se réuniront en début de semaine prochaine et leur démarche pourrait bien être adoptée au profit du maintien des coupes en cours depuis août dernier, soit 7,7 mbj. Le passage à 5,8 mbj à partir de janvier pourrait alors être décalé pour une période de trois à six mois, selon les prévisions des observateurs.
En attendant, le Secrétaire général de l’Opep, Mohamed Barkindo, est revenu sur la demande mondiale de brut, estimant qu’elle atteindra près de 104 mbj d’ici 2025. Intervenant lors d’un Forum organisé lundi par le groupe pétro-gazier Crescent, sur les perspectives énergétiques, tenu par vidéoconférence, M. Barkindo a déclaré que «les perspectives pour le pétrole brut peuvent sembler anémiques maintenant, mais nous prévoyons une normalisation progressive de la croissance de la demande à mesure que le monde se remettra du choc Covid-19».
«Nos analystes prévoient que la demande mondiale de pétrole reviendra à une croissance annuelle relativement robuste et atteindra près de 104 millions de b/j d’ ici 2025», a-t-il précisé en se basant sur le rapport annuel de l’Opep publié en octobre dernier relatif aux perspectives pétrolières mondiales. Il a, dans ce cadre, souligné, qu’à plus long terme, un certain nombre de facteurs stimuleront la consommation, tels que la croissance démographique et économique, en particulier dans les économies en développement et émergentes. «Nous prévoyons que l’économie mondiale doublera de 2019 à 2045, pour atteindre 258 billions de dollars, et que la population augmentera d’au moins 20%, pour atteindre 9,5 milliards», a-t-il ajouté.
D’autre part, l’Opep prévoit que le pétrole restera le combustible dominant dans le mix énergétique mondial dans un avenir prévisible, représentant près de 28% en 2045, suivi du gaz à environ 25%. n