Par Feriel Nourine
L’ascension des prix du pétrole, notamment du Brent, se poursuivait hier, ouvrant la voie à des sommets synonymes de record inégalés depuis sept ans. Boosté par la faiblesse de l’offre face à une demande qui reprend, ou encore par des tensions géopolitiques qui freinent la cadence de la production dans de nombreux pays, l’or noir entamait la journée d’hier à des hauteurs qu’il n’avait plus revisitées depuis 2014.
Lors de la séance asiatique, le Brent de la mer du Nord a même grimpé jusqu’à 88,13 dollars le baril, se rapprochant de la barre des 90 dollars, avant de reculer un peu plus tard dans la matinée. La référence européenne continuait, cependant, à s’échanger à des prix qui dépassent ceux d’octobre 2014 (86,74 dollars), soit 87,47 dollars à 13 h 30 (heure algérienne), en hausse de 1,14%. De son côté, le baril américain de WTI a atteint 85,47 dollars (+1,4%), dépassant son pic d’octobre dernier (85,41 dollars) qui était un plus haut depuis 2014. Alors qu’il y a quelques petites semaines, le marché pétrolier faisait face aux risques d’une forte chute de la demande, suite à l’apparition d’Omicron, ces risques sont aujourd’hui dissipés après que le nouveau variant de Covid-19 a montré ses limites à provoquer pareil scénario. Bien au contraire, c’est l’offre qui est en train de rétrécir ces dernières semaines, notamment ces derniers jours, avec les interruptions de production en Libye, au Nigeria, en Angola, en Equateur et, plus récemment, au Canada en raison d’un froid extrême.
A ces facteurs s’ajoutent les tensions géopolitiques, et ce, dans plusieurs zones du globe en même temps, du Golfe à l’Ukraine. Dernier signe de ces tensions, l’attaque perpétrée lundi par des rebelles yéménites Houthis contre des installations civiles aux Emirats arabes unis, faisant trois morts. Une coalition militaire sous commandement saoudien a riposté par des raids aériens sur Sanaa, la capitale du Yémen, aux mains des Houthis. Washington a aussi promis de «faire rendre des comptes» aux rebelles yéménites. Ces événements «ont encore davantage stimulé les prix du pétrole», relevaient, hier, des analystes du marché. Parmi ces derniers, il y a ceux qui attribuent aussi la montée des prix du pétrole à la flambée des prix du gaz.
Quant au variant Omicron de la Covid-19, initialement perçu comme une menace pour les achats de brut, il s’avère moins grave pour la demande que ses prédécesseurs. Alors que les cours du pétrole sont en train de vivre leur cinquième hausse successive, les prévisions d’un baril à 100 dollars se font de plus en plus nombreuses de la part des organismes spécialisés. Lundi, c’était au tour de la banque américaine Goldman Sachs de rebondir sur le sujet, en tablant sur ce seuil de prix au second semestre de l’année en cours. Evoquant, à son tour, un impact moindre que redouté du variant Omicron sur la demande, conjugué à une perturbation accrue de l’offre, les analystes de GS relèvent que «cela a maintenu le marché mondial du pétrole dans un déficit plus important» que prévu. Dans cette logique, ils s’attendent à ce que le prix du Brent dépasse 90 dollars au cours du premier trimestre pour atteindre 95 dollars au deuxième puis 100 dollars lors de la seconde partie de l’année.