Il franchit une nouvelle barrière symbolique et affiche son plus haut niveau depuis plus d’une année.

Les cours du pétrole ont poursuivi leur hausse au point où le Brent de la mer du Nord a atteint dans la matinée d’hier son plus haut depuis plus d’un an. Une tendance qui s’explique en particulier, selon les analystes du marché pétrolier, par un environnement favorable pour les prix et des perturbations de l’offre américaine causée par une vague de froid historique aux USA. Pour le détail, lors des cours d’échanges d’hier mercredi vers 10H45 GMT (11H45 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril gagnait 1,06% à Londres par rapport à la clôture de mardi, à 64,02 dollars, peu après avoir atteint 64,06 dollars, un prix plus vu depuis le 22 janvier 2020. Quant au baril américain de WTI pour le mois de mars, il avançait dans le même temps de 0,85% à 60,56 dollars, après avoir franchi le seuil de 60 dollars lundi dernier, pour la première fois en un an et une semaine après le Brent. Des cours à la hausse engendrés par «des conditions météorologiques extrêmes aux Etats-Unis», souligne des analystes de JBC. A propos de la vague de froid qui frappe en ce moment les USA, il est à préciser que le mercure est descendu mardi 16 février jusqu’à -12 degrés Celsius à Austin, la capitale du Texas, ce qui a perturbé la production de l’or noir du fait de la mise à l’arrêt de certains puits, conduit à coupures de courant et des perturbations des transports. Ce faisant, cette situation «a augmenté la demande d’énergie et dans le même temps perturbé l’approvisionnement dans les principales régions productrices», a expliqué Stephen Innes, d’Axi, et de commenter que c’est «un cocktail parfait pour entraîner la hausse des cours». Dans ce même sillage, Carsten Fritsch, de Commerzbank, avance un volume de «plus de 2 millions de barils quotidiens bloqués, en particulier au Texas, qui est de loin le plus grand État (américain) producteur de pétrole». Ainsi donc, ces températures glaciales dans certaines parties des États-Unis ont donné un nouvel élan à la reprise des marchés de l’énergie, stimulant la demande de carburant et d’électricité tout en menaçant la production de pétrole et de gaz au Texas, indique-t-on du côté des analystes du marché pétrolier. Cet événement ajoute à l’environnement haussier des cours de brut, en convalescence depuis l’annonce des premiers vaccins contre le Covid-19 début novembre et qui ont accéléré depuis le début d’année notamment grâce au maintien du contrôle de la production par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés hors OPEP. Et donc l’attention se portera bientôt sur la réunion de l’OPEP+ qui aura lieu début mars. «Il faudra que le groupe continue à présenter un front uni et discipliné», a conclu M. Innes.
Notons enfin que dans son dernier rapport mensuel de janvier 2021 l’AIE a évoqué une fragilité du marché qui est due au fait que la hausse de la production sera concentrée pour une grande part au second semestre à condition toutefois que la vaccination massive fasse son effet et permette de relancer l’économie mondiale. Si tel est le cas, l’AIE estime le niveau de la demande à plus de 99 Mb/j au 4e trimestre de cette année, niveau quasi équivalent à celui observé en 2019. Toujours à propos de la production, l’offre des pays «non OPEP+» serait selon les rédacteurs du rapport en progression de 0,8 Mb/j dont 0,3 Mb/j au Canada. Le bilan offre/demande, caractérisé par des déficits importants au 2e semestre, laisse la possibilité pour l’OPEP+ d’augmenter progressivement son niveau de production au-delà de ce qui a été défini en décembre (l’accord de janvier porte sur le 1er trimestre seulement). Enfin, le dernier rapport de l’AIE met en évidence un respect des quotas actuels pour le mois de janvier à hauteur de 103 % pour l’OPEP+ dans son ensemble, et de 108 % pour l’OPEP. Cette rigueur est évidemment très favorable au soutien des cours du pétrole. n