Nouvelle semaine inaugurée en hausse sur les marchés pétroliers. Hier, c’est la barre symbolique des 70 dollars qui a été franchie par le baril de Brent de la mer du Nord en matinée, avant que la référence européenne n’observe un répit, suivi d’un recul en après-midi.
Après avoir clôturé la semaine dernière en trombe, affichant des hauts qu’il n’avait plus atteints depuis le 20 janvier 2020, le Brent maintenait hier sa tendance haussière qui l’a porté jusqu’à 71,38 dollars sur le marché asiatique. Il est redescendu par la suite sous les 70 dollars (69,10 usd), restant cependant tout près de ce seuil et à des niveaux de prix inégalés depuis plus d’une année, avant l’arrivée de la pandémie de la Covid-19 et les mesures sanitaires qui avaient poussé le marché à l’effondrement pendant plusieurs mois. De son côté, le baril américain de WTI s’échangeait à 65,91 dollars. Cette nouvelle accélération des cours de l’or noir est attribuée à la situation en Arabie saoudite où un drone avait frappé un port pétrolier, dimanche, alors qu’un missile balistique avait visé des installations du géant de l’énergie Aramco, dans l’est saoudien, selon le ministère saoudien de l’Energie, cité par l’agence officielle SPA.
«L’un des parcs de réservoirs pétroliers du port de Ras Tanoura (est), un des plus grands ports pétroliers du monde, a été attaqué ce matin par un drone venant de la mer», a indiqué le ministère dans son communiqué, précisant que le drone avait été détruit. «La possibilité de dégâts à Ras Tanoura est particulièrement inquiétante pour le marché» soulignent les analystes de Commerzbank : les plus grands terminaux et centres de stockage pétroliers y sont situés, selon eux.
Mais la bonne santé actuelle du brut est due en premier lieu à d’autres facteurs, dont notamment l’annonce d’une reprise de l’économie mondiale qui se confirme de plus en plus sur fond de campagnes de vaccination massive à travers le monde, ainsi que la stratégie mise en place par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires. Réunis jeudi dernier, dans la cadre de l’alliance Opep+, ces derniers ont reconduit leur démarche gagnante en concédant une ouverture modérée de leurs robinets.
En dépit de la forte remontée des prix du brut, la prudence est toujours de mise chez l’Opep+, donnant lieu à des relèvements modérés des quotas de productions, conformément à l’ajustement de l’accord conclu par ses membres en avril 2020. Dans cette logique, la production de l’alliance a été fixée à 7,5 milliards de barils par jour en mars, contre 7,25 mbj en février et 7 mbj en janvier, alors que préalablement elle devait être réduite à 5,8 mbj dès le premier mois de l’année en cours, soit près de 2 mbj supplémentaires injectés d’un seul coup par rapport à l’offre de décembre 2020.
La discipline de l’Opep+ peut compter également sur l’engagement du géant saoudien qui a décidé de maintenir sa réduction volontaire supplémentaire de 1 million de barils/jour, de sorte à participer pleinement, et dans le rôle d’acteur clé, à la stabilisation des cours. Ceci d’autant que «les Saoudiens sont très prudents sur la perspective d’une relance de la demande post-Covid-19», explique Stephen Brennock, analyste chez PVM.
A travers cette évolution positive du marché pétrolier, c’est une bouffée d’espoir qui est offerte aux pays exportateurs de brut, notamment ceux dont l’équilibre financier est bâti sur leurs ventes d’hydrocarbures et qui ont pâti de la très forte chute des prix en 2020. A commencer par l’Algérie, dont les recettes en la matière ont baissé de 40% par rapport à 2019 pour se limiter à 20 milliards de dollars. n