Après un début de semaine en baisse, les cours du pétrole ont réussi une remontée spectaculaire qui les a hissés, dans la matinée d’hier, à leurs plus hauts niveaux depuis le mois de mars. Une évolution positive qui contraste fortement avec le scénario pessimiste qui devait découler de l’allègement des coupes de l’Opep+ entamé le 1er août. Et pour cause, le marché anticipait hier une baisse des stocks de brut et d’essence aux Etats-Unis, selon des données de l’EIA attendues plus tard dans la journée. Entre-temps, la matinée était en train de s’achever avec un baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre échangé à 45,38 dollars sur l’InterContinentalExchange (ICE), en hausse de 2,14% par rapport à la clôture de mardi. Quant à la référence américaine, le West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de septembre grimpait de 2,33% pour s’afficher à 42,67 dollars sur le New York Mercantile Exchange. A ces niveaux, les deux cours de référence retrouvaient des niveaux proches de ceux de début mars, au moment de la chute déclenchée par une courte mais intense guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite, et l’aggravation de la pandémie de la Covid-19 en Europe.
Nombreux étaient les analystes à considérer que la raison principale de cette hausse de l’or noir se trouvait dans la baisse attendue des stocks de brut et d’essence américains pour la semaine achevée le 31 juillet, les Etats-Unis étant le premier consommateur mondial d’or noir.
Selon une compilation des estimations rassemblées par l’agence Bloomberg, les stocks de brut devraient avoir reculé de 3,35 millions de barils et ceux d’essence de 500 000 barils, des chiffres à confirmer avec la publication officielle des données par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) plus tard dans la journée. Les analystes s’appuyaient notamment sur les chiffres – cependant jugés moins fiables que ceux de l’EIA – de l’American Petroleum Institute (API), fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier, qui ont fait état mardi d’une baisse importante des stocks de brut. «Nous pensons que l’optimisme affiché par les acteurs du marché pétrolier et les prix du pétrole eux-mêmes sont excessifs», a néanmoins expliqué Eugen Weinberg, analyste de Commerzbank. «L’expansion prématurée de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et le fait que la demande reste assez faible plaident contre toute nouvelle hausse des prix», a-t-il ajouté.
«La Covid-19 reste préoccupante et la hausse continue des infections devrait permettre de contenir les prix pendant le reste de l’été», a renchéri Bjornar Tonhaugen, de Rystad Energy, «en l’absence d’autres nouvelles haussières». <