Synthèse de Bouzid Chalabi
Les cours du pétrole étaient en petite hausse hier lundi, soutenus par les craintes pour l’approvisionnement aux Etats-Unis après la cyberattaque qui a contraint Colonial Pipeline, distributeur majeur de carburants aux Etats-Unis, à fermer son immense réseau d’oléoducs. En effet, le baril de Brent, ou brut de mer du Nord, pour livraison en juillet valait 68,55 dollars à Londres, en hausse de 0,40% par rapport à la clôture de vendredi. Et où le Brent pour livraison en juillet a terminé à 68,28 dollars à Londres, en hausse de 0,27% par rapport à la clôture de jeudi. Quant au baril américain de WTI, il a terminé à New York pour livraison en juin gagnant 0,29% soit 64,90 dollars.
Il convient de rappeler que le Brent et le WTI ont engrangé tous deux des gains d’environ 1,90% sur la semaine grâce à un pic mercredi qui a vu le Brent flirter avec la barre des 70 dollars, à 69,95 dollars le baril, un prix plus vu depuis le 15 mars. «Ce qui a retourné le marché à la hausse vendredi, c’est le rapport sur le marché du travail américain, qui a montré bien moins de créations d’emplois que prévu», a indiqué Phil Flynn de Price Futures Group. Sur ce dernier point, il y a lieu de préciser que ces dernières ont été décevantes en avril avec 266 000 emplois créés contre 770 000 en mars et, du coup, on est très loin du million attendu. Un constat sur lequel s’est prononcé Phil Flynn. Ce dernier explique : «Cela a dissipé les craintes d’une hausse des taux d’intérêt, ce qui laisse plus de marge pour la poursuite de la reprise et une hausse de la demande de pétrole.»
Autre facteur qui a induit une hausse des prix ces derniers jours, la baisse des stocks américains. Selon le dernier rapport hebdomadaire de l’Agence gouvernementale américaine d’information sur l’énergie (EIA), les stocks américains de pétrole ont diminué la semaine dernière de 8 Mb à comparer à un recul de 2,3 Mb anticipé par un sondage Reuters. Cette baisse, jugent les observateurs du marché, reflète la progression du taux d’utilisation des raffineries (86,5 %) et la diminution significative des importations de pétrole d’une semaine sur l’autre (-2,7 Mb/j). L’EIA estime, par ailleurs, que la production de pétrole, qui reste stable à près de 11 Mb/j, devrait progresser dans les prochains mois avec la hausse de l’activité de forage sous réserve de la fermeté persistante du prix du pétrole. Le prix du pétrole constitue le facteur déterminant pour le niveau de la production, comme le rappelait l’EIA dans son dernier rapport de long terme (WEO 2020). Dans le document, il est fait également mention d’une baisse structurelle de la demande pétrolière du fait de la crise liée à la Covid-19, estimée à plus de 3 Mb/j en 2025 par l’AIE. «Le bilan entre effet investissements (- 6 Mb/j en 2025), potentiel Opep (4 à 6 Mb/j) et recul de la demande (-3 Mb/j) laisse envisager un scénario possible d’équilibre précaire faute de marge importante de production. Une situation susceptible de créer une pression régulière sur le prix du pétrole dans les prochaines années», avance enfin l’EIA.<