En dépit des coupes massives décidées par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, les cours ne répondent toujours pas aux objectifs tracés par cette démarche, à savoir un retour à la hausse et la stabilité des prix.
En effet, dix jours après l’entrée en vigueur de l’accord Opep+, conclu le 12 avril dernier, le marché de l’or noir peine toujours à sortir de sa morosité générée par les mesures sanitaires anti-coronavirus.
Hier, une nouvelle semaine était entamée sur une tendance baissière pour les deux références de brut. En fin de matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet s’affichait à 30,03 dollars à Londres, en baisse de 3,04% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le West Texas Intermediate (WTI) pour juin perdait 3,11%, à 23,97 dollars.
Les marchés du brut «ont peu d’élan ce matin, car des signes d’une possible deuxième vague d’infection au coronavirus apparaissent dans le nord-est de la Chine et en Corée du Sud», a constaté Al Stanton, de RBC. Même situation constatée dans d’autres pays, dont l’Allemagne, où de premiers signaux inquiétants ont été enregistrés quelques jours seulement après que ce pays a décrété le début du retour à la normale face au coronavirus.
«Avec les possibles nouveaux foyers en Corée du Sud, en Allemagne et en Chine, qui font la une des journaux ce matin, il n’est pas surprenant de voir les cours du brut abandonner une partie de leurs gains de la semaine précédente», a relevé rappelle Bjarne Schieldrop, de SEB, après avoir rappelé que «le pétrole a été la matière première la plus touchée par l’épidémie».
Le coronavirus est donc toujours présent et continue à hanter le marché pétrolier en réduisant sensiblement de la portée de l’accord Opep+. Ce qui pousse les pays de l’alliance à réfléchir à des mesures supplémentaires qui puissent aider les prix à se relever et à se maintenir à des seuils tolérables en cette période, où il reste difficile de manœuvrer face à la réalité d’un marché malmené par l’effondrement de la demande mondiale et des stocks remplis carrément à leur plein.
C’est le cas de l’Arabie saoudite qui va réduire davantage sa production en juin, soit un million de baril par jour. C’est ce qu’a fait savoir hier son ministre de l’Energie, indiquant avoir demandé à l’entreprise d’Etat Aramco de porter ses coupes à hauteur de ces volumes. Cette baisse ramènerait la production du pays, le plus grand exportateur mondial de pétrole, et chef de file de l’Opep, à 7,5 millions de barils par jour, a précisé le ministère de l’Energie dans un communiqué cité par l’agence officielle SPA.
Conformément à l’accord d’avril, l’Arabie saoudite a déjà réduit à 8,5 millions de barils sa production, atteignant ainsi son niveau le plus faible en plus d’une décennie. «Le royaume cherche par cette nouvelle réduction à inciter les pays de l’Opep et les pays producteurs en dehors de l’Opep à respecter leurs promesses de réduction de leur production et à procéder à de nouvelles réductions en vue de soutenir la stabilité du marché pétrolier mondial», a souligné le ministère saoudien de l’Energie, alors que l’accord en vigueur porte déjà sur une coupe collective de 9,7 millions de barils par jour en mai et juin.
Le Koweit n’a pas tardé à réagir à l’appel du royaume, et son ministre du pétrole Khaled al-Fadhel a déclaré que son pays allait réduire sa production de 80 000 barils par jour, afin de soutenir l’initiative saoudienne. «Le Koweït soutient les efforts de l’Arabie saoudite pour rétablir l’équilibre du marché pétrolier», a déclaré M. Fadhel dans un communiqué, cité par l’agence de presse koweïtienne Kuna.<