L’Arabie saoudite a décidé de baisser ses prix de pétrole pour sa production destinée à l’Asie, une région où la Chine, premier consommateur mondial de brut, est en train de ralentir ses achats, faute d’une reprise durable de son économie. C’est même la plus forte baisse opérée par le royaume sur les cinq derniers mois.

Une décision qui vient se conjuguer aux inquiétudes des investisseurs sur la reprise de la demande en cette période où la pandémie de la Covid-19 maintient la pression sur les principaux secteurs consommateurs d’or noir, en commençant par les transports qui restent pénalisés par la fermeture des frontières dans la majorité des pays de la planète. Sur le marché, ces deux paramètres réunis ont eu l’effet d’un fort recul, hier, au premier jour de la semaine. Les tableaux électroniques affichaient les plus bas niveaux pour le Brent et le WTI depuis respectivement un et deux mois. A Londres, sur l’Inter Continental Exchange, le Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, poursuivait sa baisse entamée en fin de semaine dernière. La référence européenne valait tout juste 42,08 dollars à l’ouverture, perdant 1,36% par rapport à la clôture de vendredi.
A New York, le baril américain de WTI pour octobre perdait 1,51% à 39,17 dollars. Les pertes sont, bien sûr, pour un marché qui avait évoluait à hauteur des 46 dollars en mi-semaine écoulée, soit ses plus hauts depuis cinq mois. «L’offre est abondante, la saison du trafic routier (du fait des vacances, ndlr) aux Etats-Unis prend fin, la demande de carburant pour les avions est dans les limbes et la Chine ralentit ses achats», note un analyste en guise d’explication de la difficulté du pétrole à se reprendre, et ce, «malgré les efforts de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés pour limiter leur production». Sauf que, à notre avis, les efforts de l’Opep+ ont largement atteint leur objectif, en sortant d’abord le marché de l’agonie, puis en redonnant au brut des prix sur lesquels personne n’aurait osé parier en avril dernier, lorsque le marché affichait un Brent à nettement moins de 20 dollars le baril.
Ceci étant, l’espoir de revoir la demande repartir et absorber le surplus de l’offre est toujours maintenu chez un autre analyste. «Nous prédisons que le ratio offre-demande va passer d’un surplus en 2020 à un déficit en 2021, aidé par une demande ravivée, par les coupes de l’Opep+ et par une réponse discrète du pétrole de schiste américain», souligne-t-il.
Les producteurs de pétrole non-conventionnel nord-américain ont, en effet, été particulièrement touchés par l’effondrement des prix en mars et avril, au moment où de nombreux pays ont instauré un confinement plus ou moins drastique. n