Le marché pétrolier continue d’être scruté, suscitant des quantités d’analyses et de prévisions dont la fournée la plus récente est contenue dans les rapports mensuels que sortent en cette mi-avril divers acteurs et organisations du secteur. Aux prédictions de l’Opep et du FMI (lire notre édition du mercredi 14 avril 2021), toutes empreintes d’optimisme quant à une embellie du marché durant l’exercice de 2021, s’est ajoutée hier celle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Par Kahina Sidhoum
Son rapport mensuel, publié hier à partir de son siège parisien, conforte les hypothèses d’une reprise de l’activité économique mondiale et, par conséquent, d’un rebond important de la demande du brut à l’échelle internationale. Ces hypothèses sont élaborées également à partir du constat partagé, selon lequel le front érigé contre la pandémie de la Covid-19 est en train de progresser. Et qu’il devrait s’élargir davantage avec l’accélération des campagnes de vaccination contre le virus partout dans les pays industrialisés et grands consommateurs de pétrole.
«Les fondamentaux semblent assurément plus solides», indique l’organisation internationale dans son rapport. Elle ajoute que «l’excédent massif des stocks mondiaux de pétrole qui s’est accumulé pendant le choc de demande de l’an dernier lié à la Covid-19 est en train de se résorber, les campagnes de vaccination montent en cadence et l’économie mondiale semble en meilleure santé». L’AIE prévoit ainsi que l’offre et la demande de pétrole devrait se rééquilibrer au deuxième semestre de cette année et que les pays producteurs pourraient devoir augmenter leurs pompages de deux millions de barils/jour supplémentaires pour répondre à la demande mondiale.
Selon l’Agence, l’Opep et ses alliés, dont la Russie, devraient pouvoir adapter leur production aux besoins du marché, que la propagation du coronavirus soit contenue ou pas. La prévision consensuelle est que les pays de l’Opep+ se remettent à ouvrir davantage les vannes après les décisions de réduire leur offre. Même si cela dépendra de l’évolution de la courbe épidémique qui pourrait réserver de mauvaises surprises. De nouvelles vagues épidémiques pourraient, en effet, compromettre cette tendance, citant l’augmentation continue du nombre de cas en Europe, au Brésil et aux Etats-Unis.
Ainsi, «le recalibrage mensuel de l’offre du groupe pourrait lui assurer la flexibilité nécessaire pour répondre à l’évolution de la demande, en l’augmentant rapidement ou en l’ajustant à la baisse si le rythme de reprise de la demande ne se maintenait pas», dit l’AIE. Elle précise que les stocks commerciaux de pétrole des pays de l’OCDE ont diminué en février pour le septième mois d’affilée, ce qui suggère une hausse de la demande et des importations à brève échéance.
Pour rappel, le mardi 13 avril, l’Opep a déclaré son optimisme pour la demande mondiale de pétrole en 2021, sur fond de reprise économique attendue, au moment où l’Organisation songe à assouplir les coupes dans sa production. Le rebond mondial de la demande de brut est désormais attendu à 6 millions de barils/jour cette année, une révision à la hausse de 0,1 million de barils/jour par rapport à mars dernier, a-t-elle indiqué dans son rapport d’avril. Selon les prévisions, déjà revues à la hausse en mars, la demande mondiale en 2021 devrait atteindre 96,5 millions de barils/jour. En 2020, elle avait plongé à 90,5 millions de barils/jour.

Les prix en hausse
Sur les marchés, les prix du pétrole étaient en hausse hier. Sous l’effet des prévisions optimistes d’une reprise de la demande mondiale et l’annonce de la baisse des stocks de brut aux Etats-Unis, ainsi que des conséquences de la crise du nucléaire iranien, les cours se sont, en effet, appréciés, gagnant quelques précieux dollars à l’ouverture des grandes places internationales.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin prochain valait en début de matinée (9H30 GMT) 64,71 dollars à Londres, en hausse de 1,63%. A New York, le baril américain de West Texas Intermediate (WTI), pour le mois de mai prochain était à 61,16 dollars, en hausse de 1,63%.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les perspectives économiques sont plus encourageantes aujourd’hui et renforcent les fondamentaux du marché pétrolier, la demande devrait ainsi croître de 5,7 millions de barils/jour, voire davantage, pour dépasser les 96 millions de barils/jour.
Hier, le marché attendait les dernières données sur de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) sur les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis. Mardi 13 avril, l’American
Petroleum Institute (API), la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier aux Etats-Unis, a indiqué que les stocks ont baissé de 3,6 millions de barils dans le pays la semaine passée. Mais ses chiffres sont jugés moins fiables que ceux de l’EIA. Selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, ils s’attendent à une baisse de l’ordre de 2,7 millions de barils.