La surabondance de l’offre mondiale continue à susciter l’inquiétude du marché pétrolier et à maintenir les prix à des niveaux qui se positionnent actuellement bien loin de la moyenne espérée par les pays exportateurs, dont notamment ceux de l’Opep et leurs partenaires dans l’accord de réduction.

Hier, les prix s’inscrivaient, certes, dans la tendance haussière entamée la veille, après la forte dégringolade de vendredi dernier, mais cette hausse s’est limitée à quelques cents insignifiants pour un baril qui a perdu plus de 30% de sa valeur en quelques semaines. Ainsi, l’après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier se maintenait légèrement au-dessus des 60 dollars, s’affichant à 60,69 dollars, soit tout juste 21 cents de plus par rapport à clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour la même échéance prenait 8 cents à 51,71 dollars.
Pour rappel, le Brent avait clôturé la semaine dernière à 58,41 dollars le baril, son plus bas niveau depuis octobre 2017. «Les craintes d’une surabondance de l’offre se combinent aux inquiétudes que la demande faiblisse et ont transformé une correction des prix à la baisse en un plongeon épique», a résumé Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group. Un plongeon dont il est difficile de se relever dans l’immédiat au vu des facteurs combinés qui l’ont provoqué, à savoir des stocks américains en très forte hausse, et aussi les quantités supplémentaires de brut pompées par l’Arabie saoudite et la Russie dans la perspective de combler le manque que devait générer les sanctions américaines contre le pétrole iranien.
Les deux géants pétroliers mondiaux ont produit respectivement 11,2 et 11,6 mb/j, poussant leurs offres à des niveaux record, alors qu’une bonne partie du pétrole iranien continue à être exportée après la décision de Washington d’autoriser certains pays, dont la Chine et l’Inde, à s’y approvisionner.
Dans ce schéma d’opérations qui hissent l’offre nettement au-dessus de la demande, ce sont les prix de l’or noir qui prennent un sérieux coup de régression, mettant à rude épreuve l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont l’accord de réduction conclu avec des pays non-membres avait pourtant eu l’effet escompté depuis sa mise en œuvre en janvier 2017, puis sa reconduction jusqu’à la fin de l’année 2018. L’Opep n’a pas manqué d’afficher ses inquiétudes face à la chute imprévue des cours, annonçant d’ores et déjà une réduction de son offre pour l’année 2019, à quelques jours de sa réunion décisive à Vienne, le 6 décembre. Son chef de file, l’Arabie saoudite, est allé dans le même sens en faisant savoir qu’il pompera 500 000 barils jour de moins en décembre. Toutefois, les analystes peinent à prévoir la position du royaume dont les relations avec les pays occidentaux, les Etats-Unis notamment, se trouvent tendues depuis le meurtre du journaliste opposant saoudien, Jamal Khashoggi.
«Il sera difficile de prévoir la direction que prendront les prix avant le G20 (où se retrouveront vendredi le prince saoudien Mohammed ben Salmane et le président américain Donald Trump, ndlr) et la réunion de l’Opep», a commenté Hussein Sayed, analyste chez FXTM.