Par Feriel Nourine
Les cours du pétrole semblent prendre de plus en plus goût à la hausse. Hier, le marché affichait de nouveaux records de prix, prolongeant ainsi la tendance qui caractérise l’évolution de l’or noir depuis plusieurs jours, et augurant d’une nouvelle semaine avec un baril encore plus haut en valeur marchande.
En effet, après une fermeture en hausse, vendredi, les échanges reprenaient hier lundi avec plus de gains pour les deux références européennes et américaines. Vers la mi-journée, le Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre engrangeait un plus de 0,53% pour s’échanger à 85,98 dollars sur l’Inter Continental Exchange (ICE), à Londres. A New York, West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois s’appréciait de 0,66% à 84,31 dollars. Les analystes du marché n’ont pas tardé à faire le lien entre ces nouvelles augmentations de prix du brut et les déclarations faites samedi par le ministre saoudien de l’Energie, Abdelaziz ben Salmane, laissant clairement entendre que les pays de l’Opep et leurs partenaires allaient maintenir en éveil la prudence dont ils ont fait preuve autour de l’alliance Opep+ dans le cadre de la production.
En dépit de l’accalmie de la crise sanitaire et de la reprise de la demande mondiale, le chef de file de l’Opep, et principal artisan de l’accord de réduction conclu entre l’organisation et ses alliés, dont la Russie, ne veut pas prendre le risque d’ouvrir les vannes et opte pour le renouvellement de la prudence, considérée jusque-là comme une carte maîtresse dans la démarche adoptée par l’Opep+ pour la reprise des prix, après l’effondrement du marché durant le printemps 2020.
«La crise est en quelque sorte contenue, mais elle n’est pas encore terminée, nous devons faire attention à ne pas prendre les choses pour acquises», a expliqué Abdelaziz ben Salmane dans une interview accordée à Bloomberg en marge du forum «Saudi Green Initiative». Dans le même ordre d’idées, il a insisté sur la présence toujours active du virus dans certaines parties du monde, citant en exemple la Russie. Le ministre saoudien de l’Energie a donc parlé pour exclure une éventuelle révision de l’offre en cours de l’Opep+ et les prix semblent avoir suivi en prenant plus d’altitude, dans une dynamique qui n’est pas sans conforter l’alliance dans ses décisions. D’ailleurs, Abdelaziz ben Salmane n’est pas seul à plaider pour la prudence. Son homologue nigérian, Timipre Sylva, a également jugé que le marché était «encore trop fragile». Interviewé, lui aussi, par Bloomberg en marge du même forum, le ministre du Pétrole du premier producteur africain en la matière a déclaré qu’à ce titre, «il ne faut pas s’attendre à une nouvelle augmentation de l’offre au-delà du niveau prévu de la part de l’Opep+ dans un avenir proche». Pour rappel, l’Opep+ a décidé d’augmenter de seulement 400 000 barils par jour sa production depuis août dernier jusqu’à la fin de l’année. <