La production de pétrole des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a de nouveau baissé en juillet après son déclin spectaculaire de juin dernier, faisant ainsi remonter légèrement les cours au-dessus de 59 dollars le baril de Brent.
Cette nouvelle baisse est due essentiellement au ralentissement net de l’offre saoudienne, a indiqué l’Organisation dans son rapport mensuel publié hier. Riyad a ainsi vu sa production reculer de 134 000 barils par jour (b/j) entre juillet et juin, pour s’établir à 9,698 millions b/j. Outre le repli de la production saoudienne, d’autres membres de l’Opep ont vu également leurs offres baisser en juillet, dont la production iranienne qui a poursuivi son érosion (-47 000 b/j), touchée par le rétablissement de lourdes sanctions économiques depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien. Elle a en revanche progressé en Irak (+32 000 b/j) et en Algérie (+22 000 b/j). Au total, la production d’or noir de l’Opep a baissé de 246 000 b/j en un mois pour s’établir à 29,609 millions b/j. Le niveau de la production s’établit ainsi bien au-dessous des objectifs fixés par les 24 pays de l’Opep et leurs 10 alliés du groupe dit Opep+, dont la Russie. Ceux-ci sont engagés depuis 2016 dans une limitation volontaire de leur production afin de soutenir les cours, dans un contexte de ralentissement de la croissance économique mondiale. Réunis à Vienne début juillet, ils ont reconduit pour neuf mois leur accord visant à réduire leur offre cumulée de 1,2 million de barils par jour (mbj) par rapport à octobre 2018. Dans son rapport vendredi, l’Opep a par ailleurs légèrement revu à la baisse l’estimation de la croissance de la demande mondiale en 2019, tout en maintenant sa projection inchangée pour 2020. La croissance de l’économie mondiale est la grande inconnue à laquelle font face les membres de l’Opep et leurs alliés non-Opep. Ces derniers n’excluent plus la possibilité d’intervenir davantage sur le marché si les niveaux de baisse de leur production s’avèrent insuffisants pour le rééquilibrage du marché. Etant donné «le ralentissement de la croissance économique, les tensions commerciales persistantes et le ralentissement de la croissance de la demande de pétrole, il est critique de suivre attentivement l’équilibre entre l’offre et la demande et d’aider à la stabilité du marché durant ces prochains mois», lit-on dans le rapport mensuel de l’Opep.
En tout cas, face à la combinaison de plusieurs facteurs de nature à déstabiliser le marché et à favoriser une nouvelle rechute des cours, l’Arabie saoudite, chef de file des producteurs de l’Opep, n’a pas exclu de nouvelles décisions de nature à soutenir les cours, face à une croissance mondiale morose, à des stocks toujours élevés et à une production américaine qui carbure à vive allure, atteignant la semaine dernière une moyenne de 12,3 millions de barils par jour.
En tout cas, les coupes successives opérées dans la production du royaume wahhabite est un signe on ne peut plus claire d’un mécontentement quant à la trajectoire actuelle des prix malgré la décision de reconduire la réduction de la production des membres de l’Opep+. Hier, dans l’après-midi, les prix du pétrole se reprenaient légèrement dans les échanges européens, mais effaçaient une partie de leurs gains après la publication par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de son rapport mensuel. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 58,82 dollars à Londres, en hausse de 1,01% par rapport à la clôture de jeudi. A New York, le baril américain de WTI pour livraison en septembre s’échangeait à 54,89 dollars, 0,77% de plus que la veille.