La demande mondiale de pétrole rebondit après avoir atteint un plus bas le mois dernier. De sérieux signes de reprise proviennent d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe à un degré moindre. Cependant, la demande continue à être faible aux Etats-Unis, le pays le plus endeuillé par la pandémie de la Covid-19.

Après avoir chuté en novembre, sous l’effet d’une deuxième vague de confinements appliqués en Europe pour lutter contre la propagation de la Covid-19, la demande en carburants s’accélère à nouveau dans les deux tiers des pays consommateurs de pétrole, fait constater une enquête de Bloomberg. Le Brent a clôturé la semaine dernière à 50 dollars le baril, un record inégalé depuis neuf mois, ce qui suggère que l’impact de la dernière série des confinements sur la demande mondiale de pétrole s’est estompé.
Le rebond de la consommation d’essence et de diesel en Europe, alors qu’elle était déjà forte en Chine, en Inde, au Japon et au Brésil, renseigne de l’accélération de l’activité des raffineries qui, elles, font augmenter la demande mondiale de brut. Le trafic sur les routes européennes a repris de plus belle, alors que les gouvernements assouplissent les confinements comme c’est le cas au Royaume-Uni, en Espagne et en France. De plus, le fret routier s’est nettement accéléré à mesure que les entreprises reconstituent leurs stocks. Les entreprises de transports routier de marchandises s’attendent à ce que le mois de décembre soit le plus chargé jamais enregistré sur les routes, ce qui augure d’un net rebond de la consommation des carburants et de la demande de pétrole. Ces signaux positifs sur la demande, combinés à un afflux de capitaux et d’investissements dans les matières premières ont contribué à rehausser le Brent, l’indice de référence mondial, au-dessus de 50 dollars le baril jeudi pour la première fois depuis mars. Ce rebond est susceptible de redonner de l’optimisme à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et à ses alliés. L’alliance Opep+ a approuvé, il y a quelques jours, une légère augmentation de la production, soit de 500 000 barils par jour, à compter du mois de janvier prochain contre un assouplissement des réductions prévu dès le début de l’année prochaine. L’organisation devrait se réunir à nouveau le
4 janvier pour discuter d’une nouvelle augmentation de la production pour février, à condition que la demande soit en hausse.
Ce préalable semble se confirmer, puisqu’une enquête de Bloomberg, compilant les données sur l’utilisation des routes impliquant les 15 pays plus grands consommateurs de pétrole, indique une reprise à trois vitesses ; l’Asie étant la région où la demande en carburants est plus forte, suivie de l’Europe et des Amériques. La demande d’essence est égale ou proche des niveaux d’avant-Covid en Chine, en Inde et au Japon, respectivement deuxième, troisième et quatrième plus gros consommateurs de pétrole au monde. Bien évidemment l’effet vaccin se fait sentir également dans cette reprise ; les investisseurs s’accrochant à l’espoir d’une reprise de la demande grâce à l’arrivée des vaccins contre la Covid-19. Preuve en est que depuis quelques semaines déjà, le marché s’est complètement emballé sous l’effet de l’optimisme sur les vaccins. Cet optimisme semble se poursuivre en raison des approbations successives et du déploiement plus rapide que prévu des premières campagnes (de vaccination) dans les marchés clés pour la consommation de pétrole. Et c’est cet optimisme qui a aidé à la remontée des cours la semaine dernière. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a conclu la semaine en baisse de 0,55% (ou -28 cents) à 49,97 dollars. La veille, il avait terminé au-dessus de la barre des 50 dollars pour la première fois depuis début mars. A New York, le baril américain de WTI pour le mois de janvier a terminé en repli de 0,44% (ou -21 cents) à 46,57 dollars après un gain de 2,76% la veille. Les deux cours de référence ont engrangé plus de 30% depuis le 1er novembre. n