Dans son dernier rapport sur le risque pays, publié hier, l’assureur-crédit français Coface se montre très optimiste quant à l’évolution des fondamentaux du marché pétrolier cette année, voire des cours qui, d’après ses analystes, se maintiendront
au-dessus de 60 dollars le baril en moyenne sur l’année.

Par Hakim Ould Mohamed
En effet, la Coface a revu à la hausse sa prévision du prix du Brent à 60 dollars le baril en moyenne sur 2021, contre une projection initiale de 50 dollars le baril, non sans nourrir des pronostics résolument haussiers si certains risques géopolitiques venaient à se confirmer. Malgré les perspectives de resserrement du marché, les prix ne devraient pas augmenter de manière significative par rapport aux niveaux actuels de 60 dollars, estiment les analystes de la Coface. Le niveau élevé de la capacité de réserve de l’Opep+ donnerait au groupe toute latitude pour accélérer le dénouement de l’accord, si le marché devenait trop tendu, soutiennent-ils. «Le niveau actuel des prix et la stratégie prudente d’augmentation de la production de l’Opep+ constituent des risques à la hausse non négligeables pour notre prévision de 60 dollars», écrit la Coface. En tout cas, les prévisions de la Coface rompent avec certaines projections pessimistes sur l’évolution du marché pétrolier et des prix à court et à moyen termes. «Depuis l’annonce de la disponibilité de vaccins efficaces contre la Covid-19 à l’automne 2020, les prix du pétrole brut se sont considérablement redressés. Depuis la fin du mois d’octobre, le prix des contrats à terme sur le pétrole brut de référence international Brent a augmenté d’environ 70%, pour atteindre une moyenne de 61 dollars au premier trimestre 2021. Les prix ont ainsi retrouvé leur niveau d’avant la pandémie», écrivent les prévisionnistes de la Coface dans leur rapport. L’assureur-crédit note que la reprise de la consommation de pétrole et les restrictions de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés (Opep+) ont resserré le marché pétrolier, après que la baisse de la demande liée à la pandémie et la brève guerre des prix de l’année dernière aient contribué à une accumulation sans précédent des stocks mondiaux. Les analystes de la Coface prévoient que le marché continuera à se resserrer tout au long de l’année en cours. Ils s’attendent à ce que la consommation mondiale de brut reprenne au diapason de la croissance économique. Concernant l’évolution des fondamentaux du marché, la Coface dit s’attendre à ce que la demande mondiale de pétrole soit stimulée essentiellement par l’activité manufacturière et une reprise, bien que lente, des transports à l’échelle mondiale. Au chapitre de l’offre, «la croissance de la production devrait être plus lente que celle de la consommation. L’Opep+ sera certainement le principal moteur de la croissance de la production de brut», écrit la Coface qui dit s’attendre à ce que les coupes de la production décidées par l’Opep+ soient allégées dans les prochains mois. «Même si elles ne sont pas encore formulées, les augmentations de la production devraient se poursuivre au cours du second semestre de l’année. La production des pays non membres de l’Opep+ devrait, en revanche, rester limitée, notamment parce que la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, l’une des principales sources de croissance de la production au cours de la dernière décennie, ne se redressera probablement que lentement», prévoit la Coface. n