La Banque mondiale table sur un prix de pétrole de 56 dollars le baril, cette année, et 60 dollars, l’an prochain. Dans la dernière édition semestrielle du Commodity Markets Outlook, publiée hier, l’institution de Bretton Woods dit s’attendre à ce que les prix des produits de base, qui ont continué à se redresser au premier trimestre 2021, restent proches de leurs niveaux actuels jusqu’à la fin de l’année, à la faveur du rebond de l’économie mondiale et de l’amélioration des perspectives de croissance. Toutefois, souligne le rapport de la Banque mondiale, ces prévisions sont fortement tributaires des progrès de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 et des mesures de soutien mises en place dans les économies avancées.

Par Hakim Ould Mohamed
Elles dépendent aussi des décisions de production prises par les principaux producteurs de matières premières, soutient la Banque mondiale dans son rapport semestriel. « Les prix de l’énergie devraient atteindre cette année des niveaux globalement supérieurs de plus d’un tiers à ceux de 2020, avec un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 56 dollars », lit-on dans le Commodity Markets Outlook. La Banque mondiale table sur une reprise économique plus vigoureuse, au fur et à mesure que les campagnes de vaccination s’accélèrent dans le monde. D’où sa projection d’une remontée des cours du brut cette année, contrairement au précédent exercice, même si la reprise des prix du pétrole devrait être limitée, soit au-dessous de 60 dollars le baril en moyenne sur l’année. « La croissance mondiale est plus vigoureuse que prévu jusqu’ici et les campagnes de vaccination sont en cours, et ces tendances dopent les prix des produits de base. Toutefois, la durabilité de la reprise est très incertaine », indique Ayhan Kose, vice-président par intérim du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions et directeur du groupe Perspectives. « Les économies émergentes et en développement, qu’elles soient exportatrices ou importatrices de matières premières, doivent améliorer leur capacité de résistance à court terme et se préparer à l’éventualité d’un ralentissement de la croissance », soutient le responsable de la Banque mondiale. Après avoir atteint des planchers record pendant la pandémie, les cours du pétrole brut ont rebondi, à la faveur d’une reprise économique mondiale rapide et de la poursuite des réductions de production par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires. La demande devrait se raffermir au cours de l’année 2021, avec l’arrivée massive de vaccins, notamment dans les économies avancées, l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie et la continuation de la reprise mondiale, prévoient les prévisionnistes de l’institution de Bretton Woods. « Le baril devrait atteindre 60 dollars en moyenne en 2022 », anticipe l’institution financière mondiale qui souligne, néanmoins, que si l’endiguement de la pandémie faiblit, une nouvelle détérioration de la demande pourrait exercer des pressions sur les prix. Même s’ils sont supérieurs d’un tiers à leurs niveaux de 2020, les prix restent en deçà des attentes des pays producteurs, dont l’équilibre du budget tient à une bonne rentabilité du baril de Brent. Plus tôt cette semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué à juste titre que le budget de l’Algérie ne peut s’équilibrer qu’avec un baril de pétrole de 169,6 dollars, alors que l’équilibre de la balance des paiements tient à un baril de pétrole à 87,7 dollars. Le FMI vient ainsi d’être conforté dans ses projections par son institution jumelle, la Banque mondiale en l’occurrence. Dans ses Perspectives économiques mondiales, publiées la semaine dernière, le FMI a indiqué que les marchés à terme laissent entrevoir un déport (une courbe des cours à terme orientée à la baisse), où les prix du pétrole se situent à 58,5 dollars le baril en 2021 (42 % de plus que la moyenne de 2020), puis tombent à 50,7 dollars en 2025. Par ailleurs, le Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale prévoit une hausse de 30% des cours des métaux et de 14% ceux des produits agricoles, dont l’Algérie est un des plus grands importateurs mondiaux. Les prix de la quasi-totalité des produits de base sont désormais supérieurs aux niveaux précédant la crise, sous l’effet de la reprise de l’activité économique et, dans certains cas, de facteurs liés à l’offre, en particulier en ce qui concerne le pétrole, le cuivre et certains produits alimentaires. <