C’est un début d’année dans le rouge qu’est en train de vivre le marché pétrolier. Un début marqué par un repli des cours que les séances d’échange n’avaient plus revu depuis l’année 1991.

Par Feriel Nourine
Face à des indicateurs pas du tout encourageants, notamment la situation en Chine, l’or noir a traversé la première semaine de 2023 en collectionnant les pertes, avant de la clôturer nettement sous les 80 dollars pour le Brent de la mer du Nord, alors que la WTI a fini sous les 75 dollars. La référence de brut européen s’est contentée de 78,60 dollars à la fermeture hebdomadaire du marché, alors que l’américain WTI n’a pu faire plus que 73,73 dollars le baril. Les deux références européenne et américaine ont ainsi perdu 7%, déprimés par l’incertitude de la demande en Chine alors que la levée des restrictions sanitaires qui faisait espérer une rapide réouverture de l’économie, a laissé la place à la propagation du Covid-19. La situation sanitaire du pays, premier importateur mondial de brut, pèse directement sur sa croissance et donc sa demande en pétrole. Du coup, « les perspectives de la demande de brut à court terme ne semblent pas pouvoir être stimulées par une reprise économique robuste de la Chine », commentent des analystes. Mais cette situation n’empêche pas les intervenants dans le secteur de prévoir des lendemains meilleurs pour le marché pétrolier, au cas où la situation en Chine s’améliore et que la reprise soit provoquée. Et si l’économie chinoise reprend complètement son rythme, la demande explosera et atteindra 4 millions de barils par jour dans ce pays, cette année, soit une hausse de 4% par rapport à 2022, prévoient certains analystes, tablant sur des prix qui atteindront jusqu’à 140 dollars. De leur côté, une trentaine d’économistes interrogés par Reuters ne voient pas un grand changement dans l’évolution des cours. Ces derniers s’attendent plutôt à une remontée qui se fera à un rythme faible, sous l’impact de la dégradation du contexte économique mondial et de la résurgence de l’épidémie en Chine. Les prévisions des prix pour 2023 sont d’environ 89,37 dollars le baril pour le Brent de la mer du Nord. En comparaison avec les pics atteints en mars dernier, durant les premières semaines de la guerre en Ukraine, les cours du Brent et du WTI ont chuté de près de 40%, bien que leur hausse sur l’année ait été de 10,45% pour le Brent et de 6,82% pour le WTI. En 2022, le baril de Brent a atteint une moyenne de 99 dollars le baril. Depuis le début de novembre, il a chuté de plus de 15% et a clôturé l’année autour de 86 dollars. n