Les prix du pétrole ont progressé hier, mardi, propulsés au plus haut niveau depuis plus de quatre mois par l’accord sur le plan de relance européen et les espoirs autour d’un vaccin contre la Covid-19, deux facteurs favorables à une reprise de la demande.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait ainsi, en début de journée, 44,23 dollars à Londres, en hausse de 2,20% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour le mois d’août, dont c’est le dernier jour de cotation, progressait de 2,03% à 41,64 dollars.
Les deux cours de référence ont respectivement touché, un peu plus tôt en matinée dans la séance, 44,49 et 41,85 dollars le baril, des cours qui n’ont été plus vus depuis le 6 mars et la chute déclenchée par la guerre des prix aujourd’hui dépassée entre la Russie et l’Arabie saoudite.
Dans leur explication de la hausse des cours, les analystes mettent en avant l’accord sur le plan de relance, signé mardi par les 27 Etats membres de l’Union européenne, après d’intenses négociations. Ce plan qualifié d’«historique» prévoit 750 milliards d’euros d’aide pour sortir l’UE du marasme économique provoqué par la pandémie de la Covid-19, finalement répartis en 390 milliards de subventions et 360 de prêts.
«Les investisseurs européens se réveillent en apprenant que leurs dirigeants ont conclu un accord sur le plan de relance» pour sortir l’économie du continent «de la pire récession économique depuis la Seconde Guerre mondiale», a ainsi commenté l’analyste de Rystad Energy Bjornar Tonhaugen. Bien que cet accord «ne stimulera pas immédiatement la consommation de pétrole, il apportera un soutien important aux perspectives de demande à moyen terme» en «favorisant la reprise de la croissance économique» de l’Union, avance cet expert.
Les investisseurs se rassurent également avec l’annonce de résultats d’essais cliniques encore préliminaires mais encourageants sur deux projets de vaccin contre la Covid-19, un britannique et un chinois, qui génèrent «une forte réponse immunitaire» et sont bien tolérés par les patients.
Côté offre, également, une partie des incertitudes qui planaient en début de semaine dernière a été levée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés, qui ont décidé de maintenir la marche de l’allègement de leurs coupes volontaires de production de brut.
Elles passeront de 9,6 millions de barils par jour (mbj) actuellement «à un total de 8,1 à 8,2 mbj en août» selon les calculs du ministre saoudien de l’Energie, le prince Abdelaziz ben Salmane, qui correspondent aux 7,7 mbj inscrits dans le calendrier initial auxquels s’ajoutent les compensations espérées des pays n’ayant pas respecté leurs quotas. «La discipline observée par les signataires de l’accord semble convaincre le marché», a indiqué l’expert Eugen Weinberg, de Commerzbank.
Pour rappel, lundi, les prix du pétrole ont commencé la semaine en légère hausse déjà. La semaine passée avait vu les cours des barils de référence rester quasiment inchangés, le Brent ayant cédé 0,2% et le WTI ayant grappillé 0,1%.