Dans la foulée de l’optimisme qui s’est dégagé de la réunion, dimanche, du comité de suivi des accords de l’Opep, le ministre koweïtien du Pétrole, Essam al-Marzouk, n’a pas voulu déroger à la règle, assurant, hier, que le marché pétrolier commençait à s’équilibrer, en raison de signaux forts sur le respect de la réduction de production décidée en décembre.

« Nous sommes convaincus que l’équilibre des marchés pétroliers a déjà commencé », a déclaré le ministre au cours d’un forum organisé à Koweït par Petroleum Intelligence sur les stratégies pétrolières des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). En dépit d’une remontée en puissance de la production américaine du pétrole de schiste, Essam al-Marzouk reste de marbre et dit s’attendre « à un impact positif sur le marché à la fin du premier trimestre 2017 ». Président du comité des cinq pays chargé du suivi l’application des accords de limitation de la production, Essam al-Marzouk brandit la carte du taux d’adhésion à ces accords pour dire toute sa conviction de voir le marché virer à l’équilibre vers la fin de l’actuel exercice. Selon lui, il existe des indications sur le respect en cours par les pays Opep et non-Opep de leur engagement à réduire la production de 1,8 million de barils par jour. Pour cette évaluation d’étape, effectuée à l’occasion de la réunion, dimanche dernier à Vienne, le comité présidé par Essam al-Marzouk a levé le voile sur un taux de participation de 80%, correspondant à une coupe journalière de 1,5 million de barils depuis le 1er janvier, date de la mise en marche desdits accords.
Un score encourageant qui fait dire à Essam al-Marzouk que l’accord de décembre était bien respecté et en bonne voie de parvenir à l’objectif fixé de réduction globale de 1,8 million de barils par jour. L’accord conclu le 10 décembre pour six mois et entré en vigueur le 1er janvier prévoit que 24 pays, y compris une dizaine de pays non-Opep, dont la Russie, doivent réduire leur production de 558 000 bj. Parallèlement, dans un accord en novembre, les pays de l’Opep ont prévu une baisse de production de 1,2 mbj. Le président du comité de surveillance des accords a estimé hier que le respect des engagements pris représente « une garantie pour le relèvement des prix à des niveaux permettant d’encourager l’investissement et de garantir un retour à la normale des niveaux des stocks ». Il a affirmé sur sa lancée que l’accord de décembre jouissait d’un fort soutien des dirigeants des pays concernés. Cependant, son optimisme est loin d’être celui ressenti sur les marchés pétroliers qui connaissent une semaine pour le moins morose, quand bien même le taux d’adhésion aux accords de l’Opep était prometteur.
L’attention se porte une nouvelle fois vers les Etats-Unis d’Amérique ; la situation de leurs réserves en pétrole brut mais surtout l’état de la production du pétrole de schiste. Après que les données du groupe Baker Hugues aient provoqué un climat de froid sur les marchés, les chiffres hebdomadaires sur l’état de l’offre américaine ont été tout aussi décevants. En effet, les stocks de pétrole brut ont progressé aux Etats-Unis la semaine dernière, selon des chiffres publiés hier par le département américain de l’Energie (DoE). Lors de la semaine achevée le 20 janvier, les réserves commerciales de brut ont augmenté de 2,8 millions de barils pour atteindre 488,3 millions. Les analystes interrogés par l’agence Bloomberg tablaient, de façon médiane, sur une hausse de 2,5 millions. Au-delà de ces chiffres sur l’état des réserves américaines, l’attention du marché se porte aussi vers la Maison Blanche, où le nouveau locataire qui a d’ores et déjà relancé deux projets controversés d’oléoducs. « La politique protectionniste de Donald Trump pourrait renforcer la production américaine et l’indépendance des Etats-Unis en la matière », a jugé Mati Greenspan, analyste chez eToro.