Les cours du Brut ont atteint hier mardi le seuil des 40 dollars le baril dans les grands marchés internationaux. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait en matinée 40,32 dollars, en hausse de 1,51% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain de WTI pour le mois de juillet gagnait 1,13%, à 37,54 dollars.
Leur hausse est expliquée par une série de signaux positifs qu’on peut compartimenter en trois catégories. La première est la reprise de la demande pétrolière partout dans le monde, après une stagnation qui n’inquiète plus désormais que quand on parle de l’avenir du transport aérien, lourdement impacté par la pandémie mondiale de la Covid-19. La deuxième catégorie se rapporte à l’espoir que l’accord des pays de l’Opep+ sur la réduction de l’offre mondiale, en vigueur depuis le 1er mai dernier, soit maintenu au-delà de la période du mois de juillet avec le respect par ses signataires de leurs engagements à ne pas laisser les prix s’emballer. La troisième catégorie, enfin, peut-être la moins déterminante parce que la Fed n’influence pas durablement les marchés pétroliers affirment des analystes, est dans l’annonce par la Réserve fédérale américaine du début de son programme d’achat d’obligations d’entreprises.
La Banque centrale des Etats-Unis a, en effet, annoncé lundi qu’elle commencerait dès mardi à acheter jusqu’à 750 milliards de dollars d’obligations d’entreprises. Mais son initiative est d’influence moindre que l’entente des pays de l’Opep et de leurs alliés (Opep+) à maîtriser l’offre mondiale et à respecter leur engagement à soutenir les cours de façon à ne pas léser leurs économies propres et ne pas provoquer de nouveaux soubresauts d’un marché déjà fortement ébranlé par la crise sanitaire et la contraction sévère des niveaux de croissance dans les pays développés et les pays émergents.
Dernier signal positif qui s’est manifesté hier mardi, le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) (lire article de Lyes Sakhi) qui prévoit un rebond de la demande pétrolière en 2021 alors que les déclarations de responsables russes, dont le pays joue un rôle primordial avec l’Arabie Saoudite dans la maîtrise de l’offre mondiale de Brut et la concrétisation de l’accord de reconduction de la réduction de la production, laissent entrevoir des perspectives rassurantes pour les mois à venir.
Covid-19,
la crainte
d’une deuxième vague
L’accord de baisse de production a permis de stabiliser les prix du pétrole et de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande sur les marchés mondiaux, a déclaré lundi le ministre russe des Ressources naturelles et de l’Environnement. Dmitry Kobylkin s’attend également à un « impact positif » de cet accord sur l’industrie pétrolière dans son pays même s’il faut attendre la fin de l’année pour prétendre à une évaluation sérieuse de l’évolution du marché, a-t-il ajouté pour l’agence de presse russe Ria Novosti. Pour sa part, le ministre émirati de l’Energie a salué les « très bons signes » relatifs à la reprise de la demande venant d’Inde et de Chine -deux des plus grands consommateurs de pétrole au monde. Souheil al-Mazrouei a affirmé que « les choses reviendront à la normale d’ici un ou deux ans (…) sauf si nous avons une deuxième vague de Covid-19 ». Lundi, les deux cours de référence européen et américain ont commencé dans le rouge après la découverte d’un nouveau foyer de contamination en Chine. Heureusement, ils ont rebondi pour finir en hausse de 2,6% et 2,4%.
Quoiqu’il en soit, la pandémie qui a provoqué une chute de la demande en pétrole continue d’inquiéter et le risque d’une deuxième vague de contamination serait catastrophique pour la demande et des marchés « qui ont besoin de stabilité et des prix raisonnables et justes », a souligné le ministre émirati de l’Energie lors d’un entretien par visioconférence dans le cadre d’un évènement organisé par l’association US-UAE Business Council.<