Si le baril de pétrole se maintient à plus de 50 dollars, le prochain gouvernement, issu des élections législatives, pourra élaborer sa loi de finances 2018 dans une relative aisance. L’argument du pétrole peut être utilisé lors de la campagne pour les législatives.

Mais ce n’est qu’une fois le nouveau gouvernement constitué qu’on connaîtra le contenu de son plan d’action en ce qui concerne la production énergétique et de son impact sur l’économie du pays. En tout état de cause, la hausse attendue de la demande pétrolière mondiale va donner un coup de main à l’Opep pour stabiliser le marché, ont indiqué cette semaine des analystes aux Etats-Unis, prédisant la fin du pétrole bon marché.
Cette nouvelle intervient avant la réunion qui examinera le niveau d’application de l’accord de l’Opep par tous les pays concernés ayant fixé l’objectif de réduire la production de 1,8 million de barils/jour. L’accord de l’Opep devait être atteint à 100% dès février alors que la réduction effective a déjà atteint 1,5 million de barils jour, a affirmé en janvier à Alger le ministre de l’Energie Nourreddine Bouterfa, en marge de la signature par Sonatrach d’un contrat et d’un protocole d’entente avec des sociétés étrangères. Il a ajouté que la prochaine réunion d’évaluation des accords de l’Opep et de ses partenaires, relatifs à une baisse de 1,8 million de barils/jour (mbj) de la production pétrolière, se tiendra en mars prochain au Koweït. Elle examinera le niveau d’application de l’accord par tous les pays concernés, a précisé Boutarfa. Les pays de l’Opep avaient convenu fin novembre de réduire leur production de 1,2 mbj applicable à partir du 1er janvier 2017 et pour six mois, afin de permettre au marché de se rééquilibrer. Les efforts de Bouterfa ont ainsi porté leurs fruits et la fin du pétrole bon marché est confirmée. La hausse attendue de la demande pétrolière mondiale va donner un coup de main à l’Opep pour stabiliser le marché, ont indiqué les analystes. En effet, la demande mondiale de brut devrait enregistrer en 2017 des taux de croissance supérieurs à la moyenne dans un contexte d’expansion économique en Chine et en Inde, qui va aider à maintenir les prix au-dessus des 50 dollars le baril cette année. La demande de carburants, qui a poussé les prix de pétrole vers le bas les deux dernières années, s’est redressée à des niveaux jamais atteints depuis cinq ans. Les analystes citent en cela le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) allant dans le même sens. L’AIE, qui conseille la plupart des grandes économies sur les politiques énergétiques, a prédit que les facteurs stimulants qui ont soutenu le pétrole bon marché n’ont actuellement plus d’effet sur les cours.
Mais l’effet de ces tendances économiques sur les cours n’est pas aussi clair que la baisse de production décidée par l’Opep. Le marché pétrolier reste pour l’instant focalisé sur les actions de l’Opep et de ses partenaires, a déclaré Spencer Welch, directeur des marchés pétroliers et de l’aval chez IHS Markit. La demande est une partie importante de l’équation, mais il semble qu’elle a été négligée par le marché et les analystes, a-t-il estimé.