Synthèse de Feriel Nourine
Le marché pétrolier entame l’année 2023 dans la même atmosphère qui a marqué les derniers mois de 2022 jusqu’à son ultime séance d’échange.
La volatilité est toujours dominante, et la remontée affichée par les prix, vendredi dernier, laissait place hier à un retour au recul imposé par la situation en Chine et des perspectives moroses pour la croissance économique mondiale.
Malgré la réouverture progressive de la Chine, et la distanciation prise à l’égard de la politique «zéro covid», le marché de l’or noir évoluait plutôt vers le bas. Et pour cause, la levée des restrictions sanitaires par Pékin a suscité l’inquiétude de nombreux pays face à la montée effrénée du nombre de contagions.
Les investisseurs s’en trouvent affectés, et la demande mondiale risque de suivre, obligeant les cours à se rétracter de nouveau.
A la mi-journée, le baril de Brent de Brent de la mer du Nord pour livraison en février s’affichait à 84,93 sur l’InterContinentalExchange, perdant 1,14%.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison à la même échéance, baissait de 1,05%, à 79,42 dollars.
La situation épidémiologique en Chine ne s’améliore pas. Bien au contraire, elle s’aggrave, et les perspectives économiques s’assombrissent, alors que plusieurs pays étrangers ont décidé de repasser au contrôle sanitaire des voyageurs en provenance de Chine.
L’activité manufacturière de la seconde puissance économique mondiale a en effet reculé en décembre pour le cinquième mois consécutif, les foyers de cas de Covid ayant perturbé le fonctionnement des usines, selon l’indice d’activité des directeurs d’achat (PMI) publié hier par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin.
Et «les dernières données du gouvernement sur le tourisme restent déprimées», constatent des analystes, estimant qu’«il faudra peut-être attendre que les indicateurs économiques deviennent plus favorables en Chine» avant de voir une forte remontée des prix du brut. D’autres analystes rappellent cependant que «le monde a perdu une énorme quantité d’approvisionnement en fossiles en provenance de la Russie en raison de la guerre en Ukraine». Ils prévoient, en ce sens, un regain de la consommation de brut et de produits pétroliers en 2023, avec «une croissance régulière de la demande dans les pays non membres de l’OCDE» et «un bond de la demande de la Chine» sur le long terme avec la réouverture du pays.
Les prix du pétrole pourraient ainsi se redresser sur l’année, et ce, «malgré toute la morosité macroéconomique due à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt», estime-t-on.
Selon une enquête de Reuters menée auprès de 30 économistes et analystes, les cours du pétrole devraient faiblement augmenter en 2023, en raison d’une dégradation du contexte économique mondial et de la résurgence de l’épidémie en Chine.
Les prévisions des prix pour 2023 sont d’environ 89,37 dollars le baril pour le Brent de la mer du Nord. En comparaison avec les pics atteints en mars, durant les premières semaines de la guerre en Ukraine, les cours du Brent et du WTI ont chuté de près de 40%, bien que leur hausse sur l’année ait été de 10,45% pour le Brent et de 6,82% pour le WTI.
En 2022, le baril de Brent a atteint une moyenne de 99 dollars le baril. Depuis le début de novembre, il a chuté de plus de 15% et a clôturé l’année autour de 86 dollars. n