On vaccine en Occident, les prix du brut montent ! Le coronavirus mute dangereusement en Angleterre et les prix fondent alors et perdent à l’ouverture des marchés, hier lundi, plus de 5% par rapport aux cours de la semaine dernière. Une fois de plus, le prix du baril est passé sous la barre des 50 dollars.
Le phénomène, qui s’est passé en peu de jours, montre à quel point le secteur pétrolier est impacté par la pandémie de la Covid-19 et combien la crise sanitaire mondiale lui fait perdre de sa valeur. Comparé aux prix pratiqués en 2019, le baril du brut perdra plus de 10 dollars à la fin de cette année 2020. Les perspectives pour 2021, elles, resteront aussi incertaines que la chronique sanitaire mondiale, tantôt marquée par l’espoir d’une vaccination réussie à l’échelle mondiale, tantôt par une persistance des vagues de contamination par le nouveau coronavirus et son impact dévastateur sur les économies dans le monde entier, celles industrialisées et grandes consommatrices de pétrole en particulier.
En milieu de matinée, hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février prochain chutait de 5,44% à Londres, à 49,52 dollars, et de -5,13% à 46,58 dollars pour le West Texas Intermediate (WTI) américain. Pour les observateurs, ce dévissage est la conséquence directe des nouvelles en provenance d’Angleterre où l’on a constaté une mutation du nouveau coronavirus et l’apparition d’une nouvelle variante présumée plus contagieuse. Ce qui a incité Londres à durcir les mesures de confinement dans la capitale du Royaume-Uni et dans une partie du sud de l’Angleterre, provoquant une réaction de fermeture des autres pays du continent européen.
Par peur que les efforts de confinement ne partent en fumée, ces pays ont suspendu tout trafic entre eux et l’Angleterre, en attendant un nouvel examen de la situation pandémique. Cette mauvaise nouvelle concerne aussi bien les pays consommateurs, dont les économies sont en situation de sinistre, que les pays producteurs qui espéraient une victoire sur la pandémie et la reprise des activités industrielles. Ces derniers, à l’image de ceux regroupés dans l’alliance de l’Opep+, ont accueilli avec soulagement les premières campagnes de vaccination, le prix du baril ayant réagi positivement pour passer le seuil des 50 dollars pour la première fois depuis mars dernier.
C’est cet optimisme qui se voit aujourd’hui refroidi pour une période qui ira certainement jusqu’à la fin de l’échéance 2020 et au-delà si le front sanitaire et la lutte contre la propagation de la Covid-19 dans les pays industrialisés continue d’envoyer de mauvais signaux. Les prix sont surveillés comme le lait sur le feu et l’Opep et ses partenaires pourraient être incités à revoir leur programme de coupes dans la production pour éviter un nouvel effondrement des cours. Quid du moyen et du long terme ? Dans un entretien avec Reporters, l’expert Noureddine Legheliel table sur une reprise des cours et une forte montée des prix, jusqu’à 60 dollars le baril ! Son analyse est partagée par de nombreux spécialistes du marché. Ceux-ci prédisent une embellie dans 12 à 18 mois lorsque la crise sanitaire aura pris fin et les stocks écoulés. <