Une prévision qui, si elle devait se traduire en réalité, ferait incontestablement le bonheur des pays producteurs de Brent. Elle émane de la plus grande banque des Etats-Unis, en l’occurrence Bank of America, et annonce que la référence de brut sur le marché européen pourrait atteindre 120 dollars le baril d’ici la fin de juin 2022.

Par Feriel Nourine
En octobre dernier, la même institution bancaire avait déjà prédit un baril de Brent pouvant se hisser à hauteur de 100 dollars au cours des six prochains mois, si la froideur de l’hiver et la forte demande qui en résulte venaient à tracer dans ce sens la trajectoire du marché de l’or noir. D’autres traders et banques pensent, eux, que le brut se dirige vers les 100 dollars, notamment Goldman Sachs estimant pour sa part que la demande mondiale de pétrole avoisine les 100 millions de barils par jour (un chiffre d’avant-Covid) et qu’elle ne devrait que se renforcer à l’approche de la saison de chauffage hivernal. La banque JP Morgan s’attend également à ce que les prix du pétrole augmentent l’année prochaine. Elle estime notamment qu’ils pourraient dépasser les 90 dollars le baril au cours du troisième trimestre de 2022. Afin de tenter de refroidir les prix, les Etats-Unis ont déclaré, mardi, qu’ils allaient libérer des millions de barils de pétrole de leurs réserves stratégiques, en coordination avec la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud ainsi que la Grande-Bretagne, après que les producteurs de l’Opep+ ont ignoré à plusieurs reprises les appels à fournir plus de brut sur le marché. C’est pourquoi, les prévisions des Etablissements bancaires américains, notamment celle de Bank of America, n’ont rien d’une information qui vise à réjouir les pays producteurs de Brent. Elles semblent, au contraire, s’inscrire dans le cadre d’un mouvement collectif visant à alerter les grands pays consommateurs sur un danger nommé hausse incontrôlable des prix et les conforter dans leur stratégie de pression qu’il tente de faire peser sur l’Opep+. Ceci d’autant que la publication de la note de recherche de la BA, portant prévisions en hausse, intervient dans une configuration plutôt inopportune pour ce type d’information, sachant que les prix viennent de clôturer la semaine à leur plus bas niveau depuis 17 mois, laissant des plumes durant la séance de vendredi. Surpris par l’émergence du nouveau variant de la Covid-19 en Afrique du Sud, l’or noir a vécu une fin de semaine sombre, après plusieurs semaines d’embellie marquées par une succession de sommets affichés par les cours. Une chiure incontrôlée qui a fait perdre au Brent de la mer du Nord 11,55% de sa valeur de la veille pour se contenter de 72,72 dollars le baril, alors que cédé jusqu’à 13,06%, pour finir à 68,15 dollars. n