Les cours du pétrole ont continué à baisser, hier mardi, sous la crainte d’une nouvelle vague de la pandémie de la Covid-19. La découverte d’une nouvelle variante du nouveau coronavirus en Angleterre et qui a poussé au reconfinement cette partie du Royaume-Uni a eu pour effet de déprimer les marchés et d’inciter à se poser des questions sur la reprise tant espérée de la demande mondiale.
En fin de matinée d’hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février perdait 0,49% à Londres par rapport à la clôture de lundi, à 50,55 dollars. Le baril américain du West Texas Intermediate pour le mois de février, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, abandonnait de son côté 0,61% à 47,58 dollars.
La baisse des prix de ces deux produits de référence confirmait ce qui s’est passé le lundi d’avant, « une séance brutale », ont commenté certains analystes pour décrire la chute des cours et la rupture qu’elle a opérée par rapport à la semaine précédente lorsque l’or noir avait atteint son plus haut niveau depuis le début de la pandémie, à 52,48 dollars pour le Brent et à 49,28 dollars pour le West Texas. Ce phénomène s’est produit comme le résultat immédiat de la découverte de la nouvelle variante de la Covid-19, pas uniquement en Angleterre d’ailleurs, et des mesures de limitation des déplacements imposées aux frontières britanniques.
Lundi, 21 décembre, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a baissé de 2,58% ou 1,35 dollar à Londres à 50,91 dollars. Le West Texas Intermediate américain pour le mois de janvier a abandonné 2,77% ou 1,36 dollar à 47,74 dollars. Selon l’expert Stephen Brennock du cabinet PVM, cité par les médias spécialisés, « le marché est focalisé sur la nouvelle variante du Covid-19 », qui éclipse l’accord de près de 900 milliards de dollars du Congrès américain sur un plan de soutien à l’économie.
La mutation du nouveau coronavirus a également effacé, au moins temporairement, les espoirs d’une reprise de la demande avec les campagnes de vaccination qui commencent et avaient conduit le pétrole à une hausse de plus de 40% depuis les premières annonces début novembre.
Se projetant dans le futur, les pays producteurs de l’OPEP+ prévoient d’augmenter peu à peu leurs extractions. Sans doute à partir des premiers mois de l’année 2021, ce qui fera dire au ministre russe de l’Energie Alexandre Novak que « si les fluctuations (des prix pétroliers, ndlr) sont faibles, il n’y a rien de mal à cela ». Mais en sera-t-il le cas ? « Le marché du pétrole se projetait trop dans le futur, ignorant le présent » et les difficultés de l’économie alors que les campagnes de vaccination commencent à peine, a prévenu l’expert Stephen Brennock. n