La forte montée des cours du pétrole pousse les experts et autres analystes du marché à tabler sur des scénarios positifs pour les prochains mois. A l’exemple du ministre de l’Energie, Abdelamdjid Attar, qui s’attend au maintien du baril à hauteur des 60 dollars atteints en ce début de février, soit le plus haut affiché par l’or noir depuis plus d’une année, c’est-à-dire avant l’arrivée de la covid-19 et la mise en place de mesures sanitaires ayant plombé les prix et acculé le marché à des bas qu’il n’avait plus connus depuis la crise de 2008.
«Les prix du brut pourraient se maintenir à 60 dollars le baril pendant le premier semestre 2021, voire plus», a estimé M. Attar, hier, en marge de la réunion extraordinaire du Conseil ministériel de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO) qui s’est déroulée par visioconférence.
Laquelle réunion se tenait sur fond de nouveaux pics enregistrés la veille par les références européenne et américaine, lors de la journée d’ouverture de la semaine. Après avoir franchi le cap des 60 dollars, lundi, le Brent de la mer du Nord pour livraison en avril consolidait davantage ses gains en matinée, avant de se rétracter légèrement dans l’après-midi, et vers 16 h 30 (heure algérienne), il valait 60,5 dollars (- 0,25%). Le WTI, de son côté, s’affichait à 57,79 dollars (-0,31%).
«On s’attendait à cette reprise des cours notamment après les décisions de l’Opep+ qui ont permis aux prix du pétrole de remonter», a-t-il ajouté, non sans citer d’autres facteurs qui sont en train pousser à la hausse les prix du pétrole, notamment la vaccination anti-coronavirus entamée dans la plupart des pays gros consommateurs de pétrole et dont la demande devrait repartir à la hausse pour alimenter la reprise économique qui y est attendue.
«Nous sommes optimistes quant à l’évolution du marché, en raison de la situation internationale et des pays consommateurs de pétrole, membres de l’OCDE, dont les stocks ont baissé. Les prix du brut se maintiendront à 60 dollars le baril durant le premier semestre 2021, surtout en cas d’évènement géopolitique majeur», a expliqué le ministre.
Optimisme partagé par l’ensemble des intervenants dans le secteur pétrolier, entre analystes, chercheurs, banques d’investissement, fonds spéculatifs et autres qui «brossent un tableau positif pour les mois à venir», a rapporté Tamas Varga, de PVM, se souvenant que «la dernière fois que le marché pétrolier était aussi optimiste, c’était probablement en 2008».
Pour le second semestre de l’année en cours, l’intervenant s’attend à ce que les prix évoluent en fonction des résultats des campagnes de vaccination. Si celles-ci réussissent et la reprise économique des pays gros consommateurs de brut est confirmée, le baril évoluera même au-dessus des 60 dollars, prévoit-il, tout en continuant à prôner «la prudence» dans ces prévisions.
Interrogé sur la baisse des niveaux de production pétrolière et gazière de l’Algérie, M. Attar a assuré que la production du pétrole était conforme au niveau de limitation fixé par l’Opep+ dans le cadre de l’accord décidé en décembre dernier: «L’Algérie respecte à un taux de 102 % l’accord de limitation de la production de l’Opep+», a-t-il précisé.
Dans le domaine du gaz, le ministre de l’Energie a fait savoir que le pays est à pleine capacité et répond totalement aux besoins nationaux surtout durant cette période hivernale. Quant aux niveaux des quantités exportées, M. Attar a souligné que celles-ci dépendent des besoins exprimés par les marchés internationaux.