La demande mondiale de pétrole en 2021 a été révisée à la baisse par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans le dernier rapport mensuel sur les perspectives du marché de l’or noir. Le rebond prévu dans le rapport de l’AIE pour le mois dernier recule désormais de 170 000 barils.

L’AIE justifie sa révision par la persistance des difficultés pour le transport aérien et une nouvelle réévaluation de la demande pour le carburant destiné aux avions. Persistance de difficultés parce que la pandémie de Covid-19 est toujours au plus fort de sa portée virale et que les gouvernements de l’ensemble des pays de la planète ne manifestent encore aucun signe de prédispositions à rouvrir les frontières aériennes et libérer les avions.
Evaluée à 8,8 mbj, soit en léger recul de 50 000 bj, la demande mondiale de brut «ne devrait pas se reprendre rapidement, alors que les gouvernements ont l’intention de conserver des fermetures de frontières et des restrictions de voyages jusqu’à ce qu’un vaccin soit largement disponible», explique l’agence américaine. Elle cite d’autres explications pour «les sombres perspectives du transport aérien», entre les personnes les plus âgées qui devraient rester prudents, la crise économique qui pèse sur les budgets vacances, alors que les voyages d’affaires «pourraient souffrir de plans d’économies et de la généralisation des réunions en ligne», relève-t-elle.
Dans pareil scénario, la demande pour le carburant destiné à l’aviation et le kérosène a été revue en baisse de 300 000 barils par jour pour l’année prochaine. Elle restera à 2,5 mb/j de moins qu’avant la pandémie, même s’il y aura un rebond de 720 000 barils par jour par rapport à 2020.
«Si la demande pétrolière mondiale totale reste à 3,1 mb/j inférieure à celle de 2019 l’an prochain, le secteur aérien sera ainsi responsable de 80% de cet écart», poursuit la même source. Même constat du côté de l’Opep. En effet, ses prévisions concernant la demande mondiale de pétrole en 2021 ont été encore révisées à la baisse de 0,35 mb / j à cause des incertitudes autour de l’impact du COVID-19.
Hier, sur les marchés, ces prévisions moroses n’ont pas stoppé la montée des cours, et les deux références de brut soignaient un peu plus leurs gains de la veille. Vers 16H, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février s’échangeait à 50,44 dollars à Londres, en hausse de 0,30% par rapport à la clôture de lundi, alors que le WTI pour livraison en janvier gagnait 0,60% à 47,27 dollars. «Très clairement, la faiblesse du dollar et le risque géopolitique» soutiennent les prix, expliquent certains analystes. Le billet vert évolue proche de ses plus bas en deux ans et demi face aux autres grandes devises. Le bas coût de la monnaie de référence des cours rend l’achat de pétrole moins coûteux pour les investisseurs utilisant d’autres devises.

Le Sahara Blend progresse de 7% en novembre
Côté panier de bruts de l’Opep, le Sahara Blend, référence algérienne, a progressé de plus de 7 % en novembre dernier, atteignant 42,59 dollars, indique l’organisation dans son dernier rapport mensuel publié lundi. «Les cours du pétrole brut algérien (Sahara Blend) ont atteint 42,59 dollars le baril en novembre 2020, contre 39,76 dollars en octobre dernier, soit une hausse de 2,83 dollars, où 7,1%», précise la même source.
Avec cette progression, le Sahara Blend a été le huitième brut le plus cher des 13 bruts de l’Opep en novembre dernier, après l’angolais Girassol (44,11 dollars/baril), le guinéen équatorial Zafir (43,41 dollars/baril), l’irakien Basra light (43,12 dollars/baril), l’émirati Murban (43,09 dollars/baril), le koweït export (42,99 dollars/baril), Arab light, brut de référence de l’Arabie Saoudite (42,98 dollars/baril) et celui de l’Iran, Iran heavy qui s’est établi à 42,88 dollars le baril. n