Alors que le ciel s’ouvre progressivement aux Algériens d’ici et d’ailleurs, à la faveur de la décision de reprise des vols internationaux d’Air Algérie, le marché parallèle des devises retrouve une dynamique jamais observée depuis de longs mois.

Par Hakim Ould Mohamed
Cette dynamique tant attendue par les cambistes n’a pas, toutefois, été sans conséquences sur le taux de change du dinar face aux principales devises, à savoir l’euro et le dollar, lesquelles ont fortement grimpé, hier, comparativement aux valeurs d’il y a une semaine. Un euro s’échangeait contre 213 dinars, hier, au square Port-Saïd, au marché Clauzel, dans les sous-sols de la place Audin ainsi que dans les autres places algéroises du change parallèle. Le dollar s’échangeait, quant à lui, contre 178 dinars ; les deux devises sont soutenues principalement par la reprise des vols internationaux de la compagnie Air Algérie, dont le programme des vols privilégie notamment les liaisons entre les principales villes françaises et algériennes, en attendant de desservir d’autres capitales occidentales.
Les deux principales devises ont grappillé deux dinars par rapport aux valeurs de la semaine dernière ; l’euro étant coté à 211 dinars, tandis que le billet vert valait 176 dinars, dans un marché qui, depuis quelques jours, au lendemain de l’annonce, en Conseil des ministres, la réouverture partielle des frontières aériennes semble retrouver une dynamique jamais vue depuis mars 2020, à la veille de la détection du premier cas de contamination à la Covid-19 en Algérie. Depuis, faute de transactions, d’offres et de demandes, le marché de change parallèle a sombré dans une léthargie inhabituelle. Tout au long de cette période, les cambistes tentaient tant bien que mal de préserver un certain niveau d’opérations sur le marché, liées essentiellement à des transactions à des fins de thésaurisation. Le taux de change du dinar par rapport à la principale devise du Vieux Continent avait chuté à 192 DA/euro, alors que la parité dinar/dollar avait atteint les 169 DA. Les valeurs ont progressivement remonté la pente sur fond d’annonces de reprise remises continuellement à plus tard.
La dernière en date étant la bonne, prise en Conseil des ministres, permettant au pavillon national de renouer avec les dessertes internationales. Et aux cambistes du square Port-Saïd l’activité du marché parallèle de change. Ceux-ci scrutent désormais la moindre information officielle quant à une éventuelle réouverture des frontières terrestres avec la Tunisie. Les cambistes parient ouvertement en faveur de nouvelles hausses des valeurs des principales devises, alors qu’Air Algérie accélère la reprise de son trafic, et les pays européens les campagnes de vaccination de nature à améliorer les perspectives de mobilité des personnes. Sans l’ombre d’un doute – les cambistes eux-mêmes ne se font pas d’illusions d’ailleurs – la reprise des liaisons terrestres avec la Tunisie dépend des niveaux de vaccination des populations. Sur le marché interbancaire des changes, les cotations hebdomadaires des billets de banque et des chèques de voyage, communiquées, hier, par la Banque d’Algérie, ont levé le voile sur une tendance vers la stabilisation du cours de la monnaie nationale par rapport aux principales devises. C’est ainsi que la valeur de la monnaie unique a été fixée à 169,90 dinars cette semaine, alors que la valeur du billet vert est fixée à 139,70 dinars. Les deux devises avaient grimpé il y a quelques jours à des niveaux inégalés, s’imposant pour l’euro à plus de 170 dinars, alors que le dollar a progressé bien au-delà de 140 dinars ; des records absolus sur le marché de change manuel au niveau des banques. Il ne fait plus aucun doute, la dépréciation du dinar se poursuivrait aussi bien pour les valeurs commerciales qu’au change manuel au niveau des guichets de banque, puisque le gouvernement lui-même anticipe une dépréciation du taux de change du dinar par rapport au dollar dans ses prévisions contenues dans la loi de finances complémentaire 2021. n