Pendant que le partenariat se renforce avec l’Italie, la coopération avec l’Espagne, premier débouché du gaz algérien jusqu’ici semble traverser une importante zone de turbulence depuis le changement de cap de l’Espagne sur la question du Sahara Occidental.

Par Hakim Ould Mohamed
Le patron de la firme italienne ENI était à Alger pour des entretiens avec les responsables du secteur de l’énergie, à savoir Mohamed Arkab et Toufik Hakkar, respectivement ministre de l’Energie et des Mines et PDG du groupe Sonatrach. Bien évidemment, au menu de ces entrevues figure la volonté des Italiens de renforcer le partenariat énergétique avec l’Algérie. Il s’était agi, plus précisément, d’examiner la «question de l’approvisionnement de l’Italie en gaz» et «les initiatives à court et à moyen terme susceptibles d’augmenter l’approvisionnement» de l’Italie via le gazoduc TransMed/Enrico Mattei, lit-on dans un communiqué diffusé par Sonatrach. Il est question également, puisque l’enjeu d’augmenter l’exportation en dépend, de «l’accélération du développement des projets de Berkine Sud tout en poursuivant l’effort d’investissement dans les énergies nouvelles et renouvelables». Il était également inévitable que «les principales questions concernant les investissements en cours, la production d’hydrocarbures à partir des gisements exploités conjointement, l’approvisionnement de l’Italie en gaz naturel et les perspectives futures» soient abordées par les deux patrons de Sonatrach et de ENI, la firme la mieux implantée en Algérie. Elle est aussi la première compagnie à avoir signé le premier contrat sous le régime de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Le dernier contrat en date à être conclu par les deux compagnies remonte au 6 mars dernier, se rapportant à l’accélération du développement de nouveaux projets pétroliers et gaziers dans la région de Berkine Sud. Le projet comprend la construction en mode Fast Track d’un nouveau hub de développement pétrolier et gazier dans la région, s’appuyant sur les synergies avec les actifs existants MLE-CAFC du périmètre 405b. Ces nouveaux projets devraient aider à augmenter la production nationale dès cette année, puisque la première production étant attendue en juillet, soit trois mois seulement après l’entrée en vigueur de ce contrat. L’Algérie joue un rôle clé dans l’approvisionnement de l’Europe du sud en gaz naturel, accaparant d’importantes parts des deux marchés italien et espagnol. Ce qui fait dire au patron de la firme italienne ENI, Claudio Descalzi, sa satisfaction du partenariat avec la Sonatrach, qualifiant l’Algérie de «partenaire confiant et crédible», a indiqué le ministère de l’Energie et des mines dans un communiqué. Lors d’un entretien avec le ministre Mohamed Arkab, a exprimé son «très vif intérêt à continuer à investir en Algérie, qui constitue un partenaire confiant et crédible, notamment dans l’amont pétrolier et les énergies renouvelables». Pendant que le partenariat se renforce avec l’Italie, la coopération avec l’Espagne, premier débouché du gaz algérien jusqu’ici, semble traverser une importante zone de turbulence depuis le changement de cap de l’Espagne sur la question du Sahara Occidental. Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar est allé jusqu’à dire que son groupe n’exclut pas de réviser les prix du gaz fourni à l’Espagne. «Depuis le début de la crise en Ukraine, les prix du gaz et du pétrole explosent. L’Algérie a décidé de maintenir, pour l’ensemble de ses clients, des prix contractuels relativement corrects. Cependant, il n’est pas exclu de procéder à un recalcul des prix avec notre client espagnol», a affirmé le patron du groupe Sonatrach dans une déclaration à l’agence APS. A la question de savoir si l’Algérie était en mesure de fournir à l’Europe, qui est à la recherche d’alternatives au gaz russe, des quantités supplémentaires de gaz, Toufik Hakkar a répondu: «Nous disposons à l’heure actuelle de quelques milliards (de m3 supplémentaires, NDLR) qui ne peuvent se substituer au gaz russe. En revanche, avec la cadence de nos explorations, nos capacités vont doubler d’ici quatre ans, ce qui laisse entrevoir des perspectives prometteuses avec nos clients européens». <