La tradition veut que la journée du 24 février, qui commémore la nationalisation des hydrocarbures en 1971, ne soit pas un moment ni un motif de polémique. Cette tradition veut que, pour l’Algérie qui a payé très cher sa décolonisation et l’affirmation de sa souveraineté sur ses richesses naturelles, cela soit un jour du souvenir et de la fête.

Pourquoi pas, donc ! Surtout si le passé nous sert de moteur au présent et que cette coutume de remonter le temps glorieux ne devienne pas un prétexte à se voiler les yeux devant les vérités et les enjeux d’aujourd’hui ! Plus de quarante ans après les nationalisations, en effet, la donne dans le secteur de l’énergie a profondément changé. Elle impose au pays une nouvelle politique énergétique elle-même dictée en premier lieu par le fait que les réserves nationales en hydrocarbures sont en déclin ; en second lieu, par le fait que les marchés n’offrent plus l’ancienne garantie des contrats à long terme et, en troisième lieu, enfin, par la nécessité, désormais indiscutable, d’aller au plus vite vers une transition énergétique avec, pour socle, le recours industriel au renouvelable. A propos du recul des réserves en pétrole surtout, et faute de découverte de nouveaux gisements analogues à ceux qui sont exploités depuis plus de cinquante ans, le pays aura du mal à maintenir ses niveaux de production actuel à l’horizon 2030, si ce n’est plus tôt. Avec une démographie galopante, 50 millions d’Algériens dans quelques petites décennies, l’Algérie n’aura de choix que d’aller, avec des conséquences dont on ne pèse pas encore l’ampleur, vers l’exploration et l’exploitation de l’énergie non-conventionnelle…. En ce qui concerne la fin des marchés basés sur des contrats à long terme pour Sonatrach, celle-ci est annoncée pour 2018, date à laquelle arriveront à expiration les conventions que la compagnie nationale a signées avec ses partenaires, notamment européens. A ce propos, le numéro de Sonatrach a glissé, avant-hier, une indication importante en déclarant que le groupe national ne sera plus aussi dogmatique qu’il ne l’était dans le passé en ce qui concerne les contrats de vente de gaz à long terme. Amine Mazouzi a ajouté que le groupe ira même vers le marché spot pour trouver ses clients et garder ses parts de marché dans un contexte devenu fortement concurrentiel. L’objectif est de s’adapter aux temps nouveaux des marchés des hydrocarbures et de garder surtout sa position privilégiée d’approvisionneur des marchés européens, proches géographiquement et demandeurs d’un produit énergétique algérien de qualité. Tous ces éléments sont annonciateurs de contraintes nouvelles qu’il s’agit – c’est l’avis d’un grand nombre d’experts- de contourner par une gestion intelligente de la ressource fossile actuelle et à découvrir. Mais surtout pas une stratégie destinée à généraliser l’utilisation du renouvelable et du solaire en particulier à l’échelle industrielle.