Renault Algérie a vendu 39 585 véhicules durant le premier semestre 2019. Un résultat qui permet à la filiale algérienne du groupe français de s’approprier 52,5% de parts de marché et de conserver aisément son leadership, exercé pendant de nombreuses années sous l’ère des importations autorisées, avant de le poursuivre dans un marché algérien approvisionné de véhicules assemblés localement.
Bien que précurseur de l’industrie automobile en Algérie, avec l’entame, en novembre 2014, des activités de son usine oranaise de Oued Tlelat, Renault Algérie Production (RAP), le groupe au losange ne compte à ce jour que trois modèles dans sa gamme « made in Bladi », à savoir Renault Symbol et Clio ainsi que Dacia Sandero Stepway. Alors que des usines ayant amorcé leurs activités bien plus tard que RAP disposent de gammes largement plus fournies, dépassant même la douzaine de modèles, déclinés de surcroît en plusieurs finitions.
Il faudrait peut-être aussi faire remarquer que seul le projet Renault Algérie Production, monté en partenariat avec la Société nationale des véhicules industriels (SNI) et le Fonds national d’investissement (FNI) n’a pas été concerné par les enquêtes judiciaires menées ces dernières semaines parmi les patrons d’usines d’assemblage automobiles ayant conduit ces derniers vers les cellules de la prison d’El Harrach. A noter également que les volumes qu’il a réalisés durant les six premiers mois de l’année en cours permettent à Renault Algérie d’occuper la 10e place dans le classement des ventes mondiales du groupe. Certes, on est loin des années qui avaient vu la filiale algérienne du Losange se hisser jusqu’à la 6e place, mais le classement de ces premiers mois de 2019 a été atteint, faut-il le souligner, dans une conjoncture difficile, notamment en matière de capacités de production limitées pour le site de Oued Tlelat, d’autant que ses responsables attendent depuis quelques temps une autorisation d’extension qu’ils n’arrivent toujours pas à obtenir, avons-nous appris auprès de sources proches du dossier. Concernant les ventes mondiales du groupe français, elles ont plutôt baissé
durant cette période de référence, s’établissant à 1,9 million d’exemplaires, soit -6,7% par rapport au premier semestre 2018. Cependant, Renault, qui inclut les marques Dacia, Lada, Samsung Motors et Alpine, a pu maintenir ses parts de marché à l’international, soit 4,4%. C’est en Iran notamment qu’il a été touché suite à l’arrêt des ventes dans ce pays à gros potentiel, lié aux sanctions américaines réintroduites en août 2018. La stratégie commerciale de Renault a aussi été impactée par les difficultés commerciales en Chine et par la crise en Argentine et en Turquie. Mais le directeur commercial, Olivier Murguet se montre confiant et table sur un rebond pour la deuxième partie de l’année.
Par région, les ventes sont restées stables en Europe dans un marché en recul de 2,5%, grâce une progression de la marque roumaine à bas coût Dacia (+10,6%) qui a compensé un recul de la marque au Losange. Hors Europe, où le groupe a enregistré 45% de ses volumes, les ventes ont globalement chuté, avec un bilan contrasté selon les régions. En Russie, deuxième marché du constructeur derrière la France, les ventes ont baissé de 0,9%, à plus de 138 000 véhicules, sur un marché en baisse de 2,4%, gagnant donc des parts de marché grâce une progression de la filiale locale Lada, qui profite d’un renouvellement de sa gamme. Au Brésil, les ventes ont progressé de 20,2%, soit deux fois plus que le marché, à près de 113 000 véhicules. En revanche, le groupe a perdu plus de 77 000 véhicules sur le seul marché iranien, où il a été contraint de cesser complètement ses activités. Victimes de la crise économique, les ventes ont chuté en Argentine (-44,8%) et en Turquie (-50,2%), respectivement le 12e et 15e marché international pour Renault. La situation reste aussi difficile en Chine, où les volumes, certes très peu significatifs, ont baissé de 23,7%, soit deux fois plus que le marché. Renault a vendu moins de 90 000 véhicules de janvier à juin sur le premier marché mondial.<