La note de la Banque d’Algérie instruisant les banques et les établissements financiers à geler, à compter du 2 février 2017, toute domiciliation d’importation de véhicules par les entreprises pour propre compte continue de faire réagir les professionnels et les spécialistes du domaine.

Pour le consultant dans le secteur de l’automobile, Mohamed Yaddadène, « c’est une instruction qui aurait dû arriver un peu plus tôt ». Elle répond, selon lui, aux mêmes règles qui concernent les concessionnaires depuis la mise en place de la nouvelle réglementation à travers le cahier des charges et le système de quotas et de licences d’importation. Il s’est interrogé, par ailleurs, sur le fait que ce segment d’opérateurs ne soit pas concerné au même titre que tous les autres opérateurs. « Chacun son métier et le concessionnaire professionnel maîtrise mieux son sujet. Donc je pense que la décision va contribuer à organiser tous les circuits d’importation, y compris celui des entreprises qui importent pour compte propre. Le souci majeur réside dans la réduction de la facture des importations et de toutes les économies qui viennent se grever à cette mesure », nous déclare-t-il. Concernant les raisons qui ont poussé la Banque d’Algérie à prendre une telle décision, M. Yaddadène considère que « cette décision est arrivée en ce début d’exercice pour renforcer davantage le contrôle des importations, et surtout pour arriver à organiser ce circuit qui a pris de l’ampleur au détriment des concessionnaires qui continuent de subir le poids de la nouvelle réglementation ».
« Comme annoncée dans la note de la Banque d’Algérie, c’est une mesure transitoire en attendant la mise en place de nouvelles règles et de procédures. Je pense que cela va tout droit vers les mêmes que celles régissant l’activité des concessionnaires, quotas et licences », a-t-il poursuivi dans ce sens.
Pour ce qui est du nombre de véhicules importés par certaines entreprises, M. Yaddadène nous livre quelques-uns. « Cela tourne autour de 300 à 500 unités selon l’importance de chaque entreprise concernée. » « Je pense que si une telle décision a été prise, c’est que les volumes sont relativement importants car souvent ce sont des véhicules des segments supérieurs, dont les prix sont élevés et que les entreprises ne peuvent négocier des prix avantageux face à leurs fournisseurs », ajoutera-t-il. «Il faut juste rappeler que la nouvelle réglementation oblige les importations directement à la source, donc le producteur ».
En conclusion, M. Yaddadène suggère de « trouver une solution pour les grosses flottes dont les besoins sont importants. J’espère que la production locale va y remédier avec le démarrage de tous les projets de production ».