Même s’il ne souffle mot sur l’évolution du taux de chômage en Algérie, le ministre du Travail, Hachemi Djaâboub, a levé, hier, un pan du voile sur les dégâts causés par le choc pandémique au marché du travail. La crise sanitaire qui sévit dans le pays depuis le mois de mars dernier a fragilisé de nombreux secteurs d’activité, se traduisant par des faillites en cascade, notamment dans le secteur du BTPH, alors que les embauches dans le secteur public étaient quasi-nulles. En témoignent les chiffres fournis, hier, par le ministre du Travail, auditionné par la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la solidarité nationale au Conseil de la Nation. Selon Hachemi Djaâboub, les offres d’emplois ont baissé de 30% en 2020 comparativement à 2019, passant de 437.000 offres à 306.000, conséquence directe, bien évidemment, du ralentissement de l’activité économique dans de nombreux secteurs, jadis principaux réacteurs de croissance hors hydrocarbures. En dépit du déclin de l’activité ressenti par ces secteurs, les offres d’emplois enregistrées durant 2020 provenaient essentiellement des secteurs de la construction, des services et de l’industrie. Selon le ministre du Travail, 80% de ces offres provenaient du secteur privé, lit-on dans un communiqué du Conseil de la Nation qui sanctionnait l’audition du ministre. Cette baisse des offres intervient, en réalité, après une année de choc pandémique et une autre année 2019 marquée par la panne politique et l’absence de perspectives pour les entreprises. Des milliers de travailleurs ont basculé dans le chômage en raison des deux facteurs favorisant à la fois les faillites et les pertes d’emplois. La dernière note de conjoncture de l’Office national des statistiques (ONS) qui a fait état d’une récession de -3,9% au premier trimestre de 2020 avec un recul plus prononcé de l’activité économique dans le secteur des hydrocarbures (-13,4%) est révélatrice de l’ampleur des dégâts provoquées par deux années de panne économique. Et encore, le choc pandémique que subit le pays ne s’était fait ressentir qu’à partir de la mi-mars 2020. Les chiffres sur les offres d’emplois viennent ainsi confirmer le ralentissement économique, notamment dans le secteur public où les embauches étaient quasi-nulles. Le ministre du Travail a indiqué, à la même occasion, que l’intégration des employés du dispositif de pré-emploi a à son tour accusé le pas durant l’exercice écoulé. Seuls 365.000 employés dudit dispositif ont été intégrés jusqu’en décembre 2020, alors que l’engagement des pouvoirs publics portait initialement sur l’intégration de tous les travailleurs du pré-emploi durant la période 2019-2021. En même temps, le département de Hachemi Djaâboub a enregistré une autre baisse ; celle-ci concernant l’intégration des demandeurs d’emplois recrutés dans le cadre du dispositif de travailleurs contractuels. Ils étaient 230.631 demandeurs à être intégrés en 2020, contre 335.311 en 2019, soit une baisse de 31%. Selon le ministre, le taux d’intégration ne dépassait pas 9% du nombre total des contractuels. <