Les nouvelles provenant du marché de l’emploi sont de plus en plus mauvaises. L’impact de la pandémie, conjugué au ralentissement de l’activité économique de 2019 pour raison d’impasse politique, aura été bien plus importants que ce que l’on croyait.

Par Hakim Ould Mohamed
Les nouvelles statistiques communiquées, lundi, par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité social, El Hachemi Djaâboub, bien qu’elles ne soient pas forcément liées au choc pandémique, sont révélatrices d’une situation catastrophique au front de l’emploi. Selon le ministre, pas moins de 51 000 emplois ont été perdus dans l’industrie automobile des suites de la mise à l’arrêt des usines d’assemblage automobile. La suspension des importations de véhicules neufs n’a fait qu’aggraver davantage la situation, puisque c’est toute la chaine qui serait affectée, de la commercialisation au service après-vente. Les chiffres avancés par le ministre du Travail englobent également les pertes d’emploi dans les industries de l’électronique et de l’électroménager, concernées, elles aussi, par la suspension de l’importations des collections SKD-CKD destinées à alimenter cette filière industrielle. «En 2020, il n’y a pas eu de créations d’emplois. Au contraire, il y a eu des pertes d’emplois pour des raisons que vous connaissez tous. Juste pour l’automobile et l’électroménager, on a perdu 51.000 emplois», a-t-il indiqué lors d’une visite de travail effectuée, lundi, dans la wilaya de Chlef. Les retombées de la crise du coronavirus sur l’économie et l’emploi semblent être massives depuis l’instauration des mesures de confinement et des restrictions sur la mobilité des personnes. Peu avant les chiffres communiqués plus tôt cette semaine à Chlef, le ministre du Travail, auditionné récemment par la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la solidarité nationale du Conseil de la Nation avait tiré la sonnette d’alarme en indiquant que les offres d’emplois ont baissé de 30% en 2020 comparativement à 2019, passant de 437.000 offres à 306.000. Les offres d’emplois recensées courant 2020 provenaient essentiellement des secteurs de la construction, des services et de l’industrie. Selon le ministre du Travail, 80% de ces offres provenaient du secteur privé. La chute des offres d’emplois et les pertes massives dans les secteurs de l’industrie, du commerce et du BTPH sont les indicateurs on ne peut plus clairs de la violence de la crise qui secoue actuellement l’économie nationale. A l’issue d’une année 2020 qui aura été catastrophique pour de nombreuses entreprises, l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), qui a fait récemment le bilan du précédent exercice, a révélé que plus de 4000 entreprises activant dans le secteur du BTPH ont mis la clé sous paillasson en 2020, en raison de la situation économique du pays, aggravée par la crise sanitaire due à la Covid-19. Ces faillites en cascade se sont traduites par la perte de plus de 300.000 emplois dans le secteur. Les informations statistiques communiquées, lundi, par El Hachemi Djaâboub, qui est venu en rajouter une couche, ne sont pas joyeuses. On y découvre ainsi que la secousse pandémique a été suivi d’un véritable tsunami social, dont les estimations des dégâts ne sont jusqu’ici que provisoires. Ce dont témoignent les entreprises d’embauche dont les patrons confient hors micro que les offres d’emplois sont pratiquement à l’arrêt dans de nombreux secteurs d’activité. Forcément, le ralentissement économique des deux années 2019-2020 aura été catastrophique pour l’économie, en témoignent les chiffres sur les faillites d’entreprises et des pertes d’emplois qui s’en sont suivies. Cela se traduira à coup sûr par une baisse drastique de la croissance du PIB, dont la contribution de plusieurs secteurs connaitrait une nette contraction, mais aussi par une montée en flèche du taux de chômage, notamment chez les jeunes, une catégorie qui serait doublement affectée à la fois par la baisse des offres dans le privé, mais aussi par le gel des embauches dans la Fonction publique.