L’Algérie s’est fait représenter par son ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, à la 20e réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) organisé le 14 novembre à Port of Spain (Trinité-et-Tobago). Intervenant à cette occasion, le ministre a affirmé que le gaz naturel a encore de l’avenir grâce à sa disponibilité, à son accessibilité, et parce qu’il est un carburant de choix dans la protection de l’environnement, en particulier de par son rôle complémentaire aux énergies renouvelables.

Et pour mieux valoriser les qualités du gaz naturel, il a plaidé pour des efforts conjoints afin de faire face à des politiques énergétiques qui ont une incidence défavorable sur la demande de gaz naturel, en particulier en Europe, parfois au profit de sources d’énergie plus polluantes comme le charbon.
Le gaz naturel reste effectivement l’énergie la plus compétitive pour le chauffage par rapport au fioul ou à l’électricité. Il fait partie également des combustibles d’importance capitale pour tous les pays du monde.
Le problème est que le marché du gaz manque d’investissements et d’outils de régulation dans certains pays. D’où la question qui hante tous les pays producteurs : Quel est le juste prix du gaz ? Le marché du gaz étant arrivé pleinement à maturité dans beaucoup de pays, il est légitime que le prix de cette source d’énergie soit déterminé de manière compétitive et que les fournisseurs de gaz, dont l’Algérie, n’ont d’obligation envers quelque pays que ce soit de le céder à un cours inférieur au prix du marché.
Mais le paradoxe, c’est que certains fournisseurs vendent leur gaz au rabais. Cela n’est pas un secret. Guitouni évoque cela de manière subtile, en faisant observer que de nouveaux acteurs ont émergé sur la scène énergétique et qui accordent la priorité au court terme au lieu de la vision à long terme qui caractérise l’industrie du gaz naturel.
Le premier responsable du secteur énergétique en Algérie a mis l’accent sur les défis et enjeux auxquels fait face l’industrie du gaz naturel, qui imposent de redoubler d’efforts pour favoriser ces industries et de valoriser grandement le potentiel de nos pays en la matière. Cette 20e réunion a vu la célébration du 10e anniversaire du FPEG.
Les ministres des pays qui en sont membres ont débattu, à cette occasion, de plusieurs questions, comme celles relatives au rôle du gaz dans l’économie mondiale et aux tendances actuelles et futures des marchés énergétiques. Ils ont abordé également les projections énergétiques modélisées à long terme, fondées sur des hypothèses en rapport avec les conditions macroéconomiques, les prix de l’énergie et les politiques énergétiques en vigueur.
A la veille de cette réunion, Mustapha Guitouni a participé, à Port d’Espagne (Trinité-et-Tobago), au symposium spécial organisé par le FPEG en collaboration avec le ministère de l’Energie et des Industries énergétiques de Trinité-et-Tobago. La rencontre a constitué une  occasion majeure, pour les pays fournisseurs de gaz, de se pencher sur les  défis actuels en matière de sécurité énergétique.

Tarification basée sur des coûts marginaux

Mustapha Guitouni est intervenu dans un panel consacré au gaz naturel et à la sécurité énergétique à long terme, auquel ont pris part également d’autres ministres de l’Energie membres du GECF. Il a mis l’accent sur «deux principaux défis» que les pays membres du GECF sont appelés à relever conjointement, ainsi que le souligne un communiqué transmis à notre rédaction. «Le premier défi est de satisfaire la demande d’énergie d’une population mondiale qui passera de 7,3 milliards d’habitants en 2015 à 9,2 milliards en 2040, vivant principalement dans les pays en développement, et en milieux de plus en plus urbains.
Le deuxième est de satisfaire une demande d’énergie primaire prévue d’augmenter de plus du tiers (35%) en 2040, en raison d’une économie mondiale qui doublera de taille à l’horizon 2040, et en dépit des améliorations de l’intensité énergétique du fait du progrès technologique, des politiques favorisant l’amélioration de l‘efficacité énergétique, et de la transition de la structure de l’économie mondiale vers le secteur des services moins énergivores », lit-on dans le document. Ces deux défis étant à relever, Guitouni a évoqué le rôle primordial que peut jouer le gaz naturel pour y faire face, vu qu’ils sont conjugués aux problématiques du développement durable et du réchauffement climatique. Ce sont les avantages et les qualités indéniables du gaz qui le qualifient pour être une énergie prioritaire pour assurer la sécurité énergétique à long terme. En effet, le gaz naturel est abondant et peut subvenir aux besoins futurs de manière durable.
Selon le FPEG, les ressources de gaz naturel s’élèvent à 465 000 milliards de mètres cubes, dont 180 000 prouvées, correspondant à 130 années au rythme actuel de production. Les chiffres de l’AIE sont encore plus optimistes, avec presque 230 années de couverture. Autour des questions débattues dans le panel, le ministre de l’Energie a évoqué plusieurs contraintes parmi lesquelles trois qui ralentissent l’expansion du gaz naturel en dépit de tous ses avantages et qualités, note le communiqué cité plus haut. En premier lieu, Guitouni a souligné les dangers de la désinformation autour du gaz naturel qui influence encore très négativement l’opinion publique, en raison de la compétition qu’il subit sur tous les fronts.
En deuxième lieu, le ministre a évoqué la problématique de l’investissement en rapport avec les politiques mises en œuvre dans le secteur de l’électricité dans certaines régions du monde et qui ont eu des effets pervers sur les industries gazières.
A ce sujet, le ministre a illustré ses propos en citant les effets de certaines politiques de développement des énergies renouvelables par l’octroi de subventions massives sur la base d’une tarification basée sur les coûts marginaux à court terme. Cette tarification a été associée à un marché du carbone peu performant, qui a eu pour effet pervers de favoriser le charbon au détriment du gaz naturel.