Le dinar poursuit sa régression face aux devises. Notamment face à l’euro et au dollar, principales monnaies de référence pour les Algériens sur le marché des changes, aussi bien au niveau des banques que sur la place de l’informel.
Sur le marché officiel, c’est carrément la dégringolade de la monnaie nationale face respectivement à la monnaie européenne et la monnaie américaine, avec de nouveaux records affichés sur la dernière fiche de cotations hebdomadaires de la Banque d’Algérie.
Celle-ci fixe 1 euro pour 156,48 dinars à l’achat et 166,06 DZD à la vente, alors que le dollar est acheté à 129,48 DZD et cédé à 137,39 DZD.

Les semaines se suivent et se ressemblent donc pour le dinar depuis sa mise sur les rails de la dépréciation, voici plusieurs mois, et chaque nouvelle cotation hebdomadaire en provenance de la Banque d’Algérie donne à apprécier cette tendance sans trêve à travers de nouvelles pertes de la monnaie nationale devant les monnaies étrangères. Celle de la semaine écoulée avait affiché 1 euro pour 164,74 DZD à la vente, et 1 dollar pour 135,99 DZD.
Mais c’est à partir du mois de juin dernier que la chute du dinar s’est accélérée, avant d’afficher de bas record ces deux dernières semaines. En effet, le dollar s’échangeait contre 134,40 dinars durant la deuxième semaine de juin 2020 contre 137,99 cette semaine. Quant à la principale devise européenne, elle était cotée à 150,56 DA durant la seconde semaine de juin dernier, contre 166, 06 DZD cette semaine, soit un bond de près de 16 dollars en l’espace de 6 mois.
Bien sûr, la flambée de l’euro et du dollar, qui va se poursuivre encore, n’est pas sans impacter négativement les dépenses pour les importations de l’Algérie, et cette évolution va fatalement se vérifier sur la balance commerciale d’une année 2020 à mettre aux oubliettes sur le plan économique. Chose qui sera sans doute difficile à réaliser pour un pays qui peine toujours à trouver la voie vers la diversification de ses sources en devises.
Interrogé, lundi, par un membre de la Commission des finances de l’APN sur la chute du dinar, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a répondu qu’«on ne peut pas avoir un dinar fort sans une économie forte».
Dans sa dernière note de conjoncture, la BA a souligné que l’ajustement du taux de change «ne doit pas constituer le principal, voire l’unique, levier d’ajustement macroéconomique». Référence faite à la démarche du gouvernement qui fait de la dévaluation du dinar, jusqu’en 2023, un moyen de réduire de l’effet du recul des cours du pétrole. En ce sens, la Banque centrale plaide pour des réformes structurelles qui serviront réellement, et durablement, à rétablir les équilibres macroéconomiques du pays.
Scénario identique sur le marché parallèle de la devise où les deux monnaies de référence pour les Algériens remontent en force face à notre dinar et ce, après plusieurs mois d’accalmie, voire de tassement. Hier, l’euro s’achetait à 205 DZD pour être revendu à 213 DZD au square Port Saïd, plaque tournante de la devise dans la capitale. De son côté, le dollar y était proposé à 173 DZD à la vente contre 167 DZD à l’achat. Le manque de visibilité quant à la réouverture des frontières pour la reprise du trafic aérien vers l’international ne semble donc pas impacter l’évolution du marché informel de la devise. Bien au contraire, les revendeurs de monnaie forte sont en train de la proposer à sa plus haute valeur en échange du dinar depuis le printemps. Une tendance haussière qui va encore se poursuivre, nous dit-on sur place, en pariant sur de nouveaux seuils record dans quelques petits mois.