La monnaie nationale restait mal orientée cette semaine, confirmant la tendance baissière apparue depuis le début de la dégringolade des cours pétroliers. L’euro a grappillé encore cette semaine quelques sous face au dinar, dans un marché marqué par une demande aux devises plus robustes en prévision des fêtes de fin d’année.

Le dollar américain ne profite pas, du moins ces dernières semaines, de la conjoncture marquée par un rebond net de la demande en devises sur le marché officiel. Ce sont en somme les principales tendances qui se dégagent des cotations hebdomadaires des billets de banque et chèques de voyage, valables du dimanche dernier à jeudi. En effet, la valeur du dollar est fixée à 113,54 à l’achat et à 120,47 à la vente, cette semaine, lit-on sur les tableaux du marché interbancaire des changes. Il y a une semaine, sa valeur était fixée à 113,75 à l’achat et à 120,69 dinars à la vente. L’euro a, quant à lui, fortement progressé face au dinar, s’échangeant cette semaine contre 134,53 dinars à l’achat et 142,77 à la vente, alors qu’il y a une semaine la valeur de la monnaie unique était de 133,83 à l’achat et de 142,03 à la vente. La suite des ajustements budgétaires amorcés par le gouvernement suscite de l’optimisme chez certains analystes, anticipant un début de stabilisation de la valeur du dinar sur le marché officiel, dont les cotations sont fixées par la banque centrale en fonction de l’évolution des autres devises, mais surtout suivant le cap budgétaire que se fixe le gouvernement. D’autres analystes pensent que le dinar participerait au plan de lutte contre les importations initié depuis peu par le gouvernement Ouyahia, s’attendant à ce que sa valeur décroche à nouveau ; dans une tentative de rendre les importations plus onéreuses. Quoi qu’il en soit, le dinar n’a pas dérogé cette semaine à une espèce d’ordre établi par la Banque d’Algérie qui, en se servant de cet outil monétaire, tente de limiter l’impact du choc externe sur les fondamentaux de l’économie. En variations annuelles, la dépréciation du dinar est plus perceptible ; la valeur du billet vert était fixée à 109,44 dinars à l’achat et à 116,12 dinars à la vente il y a une année (cotations du 25 au 31 décembre 2016), alors que la valeur de la monnaie européenne était de 114,38 à l’achat et de 121,40 à la vente. L’orientation négative du dinar a été ralentie au premier semestre de 2017 ; le dinar s’est légèrement apprécié de 0,61% face au dollar durant les six premiers mois de l’année, comparativement au second semestre de 2016. Contre l’euro, le dinar s’est apprécié de 2,01% sur les mêmes périodes de référence. En tout état de cause, il est pour le moins complexe de tabler sur une quelconque évolution des cours du dinar, étant donné que les variables de cette équation reste inconnues, dont l’évolution des prix du pétrole sur le marché mondial, la tendance des fondamentaux de l’économie liée en partie à la valeur du baril du brut, l’issue des ajustements budgétaires amorcés par le gouvernement… Sur le marché informel des devises, déclaré illégal mais toléré par les autorités publiques, le dinar est à son plus bas niveau. Un euro s’échange contre 207, voire 208 DA, tandis qu’un dollar américain valait hier 173 DA au Square Port Said, une bourse informelle qui joue largement le rôle de pourvoyeur complémentaire en devises. Sans nul doute, de tels niveaux de dépréciation, pour le moins inégalés, sont la résultante de plusieurs facteurs, dont le déficit de confiance en la monnaie nationale, la thésaurisation et les difficultés d’accès aux devises du marché officiel.