Le dollar a progressé, cette semaine, sans surprise face à la monnaie nationale et signe ainsi un nouveau record à 138,94 dinars/dollar, lit-on dans les cotations hebdomadaires de la Banque centrale, communiquées hier. La surprise n’y est pas, car l’évolution des cours de change du dinar vis-à-vis de l’euro et du dollar reflète celle des cours de change des deux principales devises sur les marchés internationaux.

Par Hakim Ould Mohamed
En effet, la semaine dernière, le mouvement des cours de change laissait entrevoir une progression du dollar face à l’euro, ce qui reflète, en partie, la hausse du billet vert face au dinar et le repli de l’euro contre la monnaie nationale, nettement visible dans les cotations publiées par la Banque d’Algérie. De la dépréciation du dinar face au dollar, c’en est une également. La énième, car l’évolution du cours de change du dinar traduit, certes, la variation des taux de change des principales monnaies sur les marchés internationaux de change, mais aussi l’évolution de certains fondamentaux de l’économie. Malgré les ajustements importants qu’a connus le dinar ces dernières années, certains économistes considèrent que la monnaie nationale demeure surévaluée compte tenu de la situation de certains fondamentaux de l’économie. D’autant plus que les cours du brut demeurent stables, voire en baisse, alors que les perspectives tablent sur une fourchette des prix oscillant entre 56 et 58 dollars le baril en 2021. Les projections à moyen terme, soit à l’horizon 2025, ne sont pas optimistes puisqu’elles tablent sur un prix à 50 dollars. De ce fait, le dinar continuera probablement de se déprécier à moyen terme, en phase avec l’évolution des fondamentaux de l’économie, à moins que des réformes budgétaires et économiques soutenues viennent aider à rétablir la viabilité de la balance des paiements. Cela aiderait à marquer une pause dans l’ajustement à répétition du taux de change du dinar entrepris depuis 2015, au lendemain de la chute spectaculaire des cours du brut sur le marché mondial. En tout cas, la Banque centrale n’a cessé de le rappeler, l’ajustement du taux de change ne doit pas constituer le principal, voire l’unique, levier d’ajustement macroéconomique. «Pour être efficace, il doit accompagner la mise en œuvre effective d’autres mesures et politiques d’ajustement macroéconomique, notamment budgétaire, aux fins de rétablir durablement les équilibres macroéconomiques, et de réformes structurelles aux fins d’asseoir une diversification effective de l’économie et, in fine, une hausse de l’offre domestique de biens et services», souligne l’institution monétaire dans sa dernière note de conjoncture. Faute de quoi, la valeur du dinar continuera à se déprécier au grand dam des ménages et des entreprises, dont le pouvoir d’achat a été continuellement malmené par les ajustements à répétition du taux de change de la monnaie nationale.
Cette semaine, le dinar signe un nouveau record à la baisse face au dollar même s’il a grappillé quelques centimes face à l’euro, moins robuste sur le marché mondial contre le billet vert. La monnaie unique s’échangeait contre 167,33 dinars, non loin, néanmoins, des 168 dinars/euro connu il y a quelques semaines. Sur le marché informel des devises, l’euro s’échangeait contre 211 dinars, alors que la monnaie américaine était stable culminant depuis quelques semaines déjà à 176 dinars/dollar. Les cambistes notent l’absence de transactions physiques hors thésaurisation et échanges entre Algériens établis à l’étranger et leurs concitoyens de l’intérieur du pays, mais excluent l’hypothèse d’une chute des taux de change comme ce fut le cas en 2020. Ils entrevoient, en revanche, une éventuelle hausse de la valeur des principales devises dans les mois à venir au fur et à mesure que les pays occidentaux lèvent les restrictions de déplacement aux voyagistes. n