La monnaie nationale poursuit cette semaine sa baisse face au dollar américain, dévaluation apparemment volontaire décidée par les autorités monétaires aux fins de sanctionner certains fournisseurs de la zone dollar, dont la Chine et la Turquie.

Hier, les cotations hebdomadaires des billets de banque et des chèques de voyage, valables à compter du 15 juillet 2018, communiquées par la Banque d’Algérie, lèvent le voile sur une nouvelle dévaluation du dinar face au dollar. En effet, la valeur du billet vert est fixée à 115,92 dinars à l’achat et à 123,00 dinars à la vente, alors qu’il y a une semaine (du 8 au 14 juillet 2018), la valeur du dollar était fixée à 115,66 dinars à l’achat et à 122,72 dinars à la vente. La dévaluation est nettement plus perceptible en variations mensuelles et annuelles. En effet, il y a un mois (cotation hebdomadaire du 17 au 22 juin 2018), la valeur de la monnaie américaine était fixée à 114,47 dinars à l’achat et à 121,46 dinars à la vente, alors qu’il y a une année (du 16 au 21 juillet 2017), la valeur du billet vert était fixée à 107,69 dinars à l’achat et à 114,27 dinars à la vente. Il y a là, probablement, un jeu de manipulation en fonction des données du commerce extérieur, voire des desideratas du pouvoir politique. D’autant que cette tendance à la dévaluation par rapport à la monnaie américaine a été amorcée depuis le début de l’année en cours, parallèlement à l’entrée en vigueur des mesures d’encadrement des importations. Entre autres mesures décidées par le gouvernement, l’application sans délai des dispositions à caractère tarifaire contenues dans la loi de finances pour 2018, dont l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation (TIC) au taux de 30% pour 10 familles de produits finis, ainsi que le relèvement des droits de douane pour 32 familles de produits finis. D’autres mesures, à caractère quantitatif, portent sur la suspension provisoire à l’importation de 45 familles de produits finis et la mise en place d’un contingent quantitatif pour les véhicules automobiles. Des dispositions à caractère bancaire et administratif sont venues muscler le disposition de restriction des importations, à l’instar de l’exigence d’une domiciliation bancaire préalable, la couverture financière, portée à 120% du montant de l’opération, ainsi que de divers documents relatifs à la qualité des produits importés, voire à une autorisation préalable des instances en charge du commerce extérieur. Certaines importations en provenance de la zone dollar, dont la Chine, évoluaient crescendo, ce qui a provoqué les foudres de certains partenaires européens de l’Algérie.
Ce qui fait dire à certains que cette dévaluation du dinar par rapport au dollar est faite sciemment afin de ralentir le rythme des importations en provenance de Chine et de Turquie et satisfaire ainsi, par la même, le vœu de certains partenaires commerciaux du Vieux Continent.
Contre l’euro, une légère dévaluation a été constatée également dans les cotations de cette semaine, alors que le cours du dinar était pour le moins stable depuis le début de l’année. La valeur de l’euro est fixée cette semaine à 135,40 dinars à l’achat et à 143,69 dinars à la vente. Pour la semaine allant du 8 au 14 juillet 2018, la valeur de la monnaie unique était de 135,11 dinars à l’achat et de 143,42 dinars à la vente. En variation mensuelle, la valeur de la monnaie européenne était de 135,27 dinars à l’achat et de 135,27 dinars à la vente, alors que sur une année, l’érosion du dinar est plus visible puisque sa cotation du 16 au 21 juillet 2017 était de 122,94 dinars pour un euro à l’achat et de 130,46 dinars à la vente. Cette légère dévaluation de cette semaine face à la principale devise du Vieux Continent pourrait s’expliquer par la volonté de limiter les transactions du change en cette saison propice aux vacances.