Le marché algérien des assurances s’est bien comporté durant l’exercice 2019, affichant un chiffre d’affaires en hausse par rapport à celui de 2018 – 152,1 milliards de dinars contre 143,3 milliards de dinars – et une croissance de plus de 6,1%. Ce sont là les chiffres du Conseil national des assurances (CNA) pour l’année écoulée que l’APS a diffusés hier à travers une longue dépêche dont nous reproduisons, ici, l’essentiel. Qu’en sera-t-il pour 2020, un exercice qui s’annonce comme un défi pour tous les assureurs du monde ?


Selon la même source, les assurances «dommages» ont occupé 86,7% de parts de marché avec un chiffre d’affaires de plus de 131,8 milliards de dinars. Toutes les branches de ces assurances «dommages» ont connu une hausse, notamment pour la branche «incendie et risques divers (IRD) (+10,4%) et agricole (+8,5%). L’assurance «automobile», elle, n’a pas beaucoup décollé en 2019 par rapport à 2018 (+0,3%), réalisant un chiffre d’affaires de 69,2 milliards de dinars pour 52,5% de parts de marché : une stagnation, voire une perte, due à la baisse des contrats et qui renseigne sur l’état de santé chancelant du marché du véhicule dans notre pays depuis quelques années, une tendance qui se confirmera certainement durant l’exercice 2020 où les ventes du «neuf» ont drastiquement reculé. Dans cette branche, la couverture des risques obligatoires a connu une hausse de 15,4% avec un chiffre d’affaires de 17 milliards de dinars, qu’on explique par la «révision à la hausse du tarif relatif à la garantie «responsabilité civile». Les risques obligatoires, signale-t-on, détiennent 24,6% du portefeuille de la branche. La couverture des garanties facultatives, qui dominent le portefeuille «automobile», avec une part de 75,4%, enregistrent quant à elles une régression de 3,8% par rapport à 2018. Pour ce qui est de la branche IRD, elle clôt l’année 2019 avec un chiffre d’affaires de 51,5 milliards de dinars pour un niveau de croissance de 10,4% par rapport à la fin 2018.
Cette hausse, explique-t-on, «trouve son origine dans la hausse de la production de la sous-branche incendie, explosions et éléments naturels, de 12,4% par rapport à la même période de 2018. Celle-ci détient 71,6% du portefeuille de la branche IRD. Elle s’explique aussi par «l’accroissement du chiffre d’affaires de la garantie «incendie» de 11,3%», mais aussi par «l’augmentation de la production des assurances contre les effets des catastrophes naturelles (Cat-Nat) de 17,9%», suite à la hausse des primes d’importants contrats, la signature de nouveaux contrats et la commercialisation du produit via les partenaires de bancassurance. La sous- branche «autres dommages aux biens» qui détient 23, 2% du portefeuille de la branche IRD enregistre une hausse de 13,8% par rapport à l’an dernier. La sous-branche «Responsabilités civiles», affiche, elle, un repli de 11,4% par rapport à la fin 2018, pour 4,7% du chiffre d’affaires de la branche.
L’assurance «transport» a augmenté de 5%, en raison de la hausse enregistrée au niveau de la sous-branche «transport aérien» qui augmente de 40% et occupe une part de 30% du total des réalisations de la branche, «grâce à la souscription de nouvelles affaires en «assurance spatiale», indique-t-on. A l’inverse, le «transport maritime», impacté par la baisse du volume des transactions et du nombre des expéditions, a régressé de 7, 2% et voit sa part s’élever à 50,6%.La sous-branche «transport ferroviaire» recule de 21,2% par rapport à la même période de 2018.

Assurances de personnes, un chiffre d’affaires en hausse de 12%
La branche agricole a continué sa progression avec une hausse de 8,5%, résultant de la hausse du chiffre d’affaires des sous-branches «production animale» (+28,8%), «production végétale» (30,6%) et «autres dommages agricoles» (53,1%). Le CNA explique cette progression par la signature de plusieurs conventions en «multirisque bovine», «multirisque caprine» et «multirisque serres». Quant aux sous-branches «incendie et multirisques agricoles» et «responsabilité civile agriculteur», celles-ci ont diminué respectivement de 25,8% et 42,7%.
Comparativement à 2018, l’assurance «crédit» a marqué une hausse de 6,5%, générée par la sous-branche «crédit domestique» qui a évolué de 36,7% suite à la souscription de nouvelles affaires. La sous-branche «crédit à la consommation» a baissé de 64%. De même, le «crédit immobilier» a accusé une régression de 6%, suite à l’arrêt d’octroi des crédits à taux non bonifiés (la SGCI ne couvre que les prêts à taux non bonifiés accordés par la Cnep banque).
Les assurances de personnes voient leur production atteindre les 14,3 milliards de dinars, soit une hausse de 12% par rapport à 2018. La branche «Accident» a réalisé un chiffre d’affaires de 1,9 milliard de dinars en 2019 contre 1,6 milliard l’année d’avant, réalisant une progression de près de 18%, tirée, principalement, par les branches «individuelle accident- adhésion collective», notamment suite au lancement de nouveaux produits : «Individuelle accident forfaitaire» et «assurance scolaire» qui ont progressé respectivement de 89,4% et 26,3%, précise le CNA.
La production de la branche «Maladie» affiche, à fin 2019, un montant de 100 millions de dinars générée uniquement par la sous-branche «assurance maladie», en évolution de 4,9% comparativement à la même période de 2018. La branche «Assistance», qui a souffert par la suspension de la commercialisation de la garantie «Rapatriement de corps» et de la baisse de visas de séjour accordés, recule de 6,1%, passant de 2,8 milliards de dinars, fin 2018, à 2,6 milliards de dinars, fin 2019. La branche «Vie-décès» a vu une production cumulée de l’ordre de 5,3 milliards de dinars, en hausse de 18,8%, comparativement à l’exercice précédent qui totalise 4,5 milliards. Cette tendance est engendrée, principalement, par la garantie «Assurance temporaire décès» qui augmente de 17% et détient 32,4% de part du marché et la contribution de la garantie «Assurance groupe des emprunteurs», avec un taux de 89,2% et une part de marché de 2,1% et ce, suite au recouvrement des impayés des années antérieures et le renouvellement des contrats des partenaires bancaires. La branche «capitalisation» enregistre au titre de l’exercice 2019, et contrairement à 2018 qui n’a connu aucune production, un chiffre d’affaires de près de 3 millions de dinars.
Les primes émises collectées par la branche «Prévoyance collective» se sont élevés à 4,2 milliards de dinars, en évolution de près de 15% comparativement à la fin 2018, tirées essentiellement par la sous-branche «Assurance groupe» qui détient 96,7% du portefeuille de la branche et réalise, à elle seule, 16,2% d’évolution. Cette tendance positive est essentiellement due au «réajustement de la prime de la Sonatrach et la signature de 2 importants contrats (Ooredoo et AGB)», explique le CNA. Enfin, le produit «perte de licence» a accusé une régression de 12,1%, par rapport à l’année 2018 et cumule une production de 141,3 millions de dinars. n