Le quota des voitures neuves importées par les concessionnaires devrait tourner autour des 200 000 unités annuellement…

Le quota annuel prévu dans le cadre de l’importation de véhicules neufs par les concessionnaires devrait tourner autour des 200 000 unités. C’est l’estimation faite par le ministre de l’Industrie sur la Chaîne El Hayat TV, dans la soirée de dimanche.
Le nouveau cahier des charges consacré à l’activité a été pensé «de sorte à ce que les importations soient de 200 000 véhicules par an», a indiqué Ferhat Aït Ali Braham dans l’émission «Likaa Khas» diffusé par cette chaîne. Il a précisé que ces volumes «seront composés essentiellement de véhicules de gamme destinée à la classe moyenne des citoyens et dont les prix oscillent entre 10 000 et 12 000 dollars».
Autrement dit, s’il y a retour des importations de véhicules de tourisme finis, elle se fera avec la priorité, et même peut-être l’exclusivité accordée à des véhicules dont le coût permettrait d’atteindre le quota visé, tout en respectant le montant que comptent dégager les pouvoirs publics pour cette opération dans cette conjoncture, où tout dollar dépensé pour les achats outre-mer doit se faire en considérant la situation financière du pays déprimante sous l’effet du coronavirus et de la chute sensible des recettes en hydrocarbures.
C’est d’ailleurs dans cette configuration du marché pétrolier, identique à celle d’aujourd’hui, qui avait poussé le gouvernement à introduire, en 2015, le système de quota pour une liste de produits importés, dont les véhicules. L’objectif était alors de réduire la facture en la matière après l’effondrement de l’or noir, en 2014.
Durant la première moitié de la décennie 2010, les concessionnaires et autres importateurs multimarques avaient donné une impulsion au marché de l’automobile qui avait pris de vitesse toutes les prévisions, mais au prix lourd de factures qui ne cessaient de grossir d’une année à l’autre pour dépasser les 6 milliards de dollars.
Dans ce montant, des achats étaient effectués pour les voitures de basse et moyenne gamme, mais aussi pour des véhicules haut de gamme dont l’arrivée en Algérie se faisait, parfois, quelques jours après leur lancement à l’international. Des voitures de luxe dont une seule unité dépassait aisément les 10 millions dans les showrooms et dont la facture payée pour leur achat chez le fournisseur pouvait permettre d’acquérir au moins une dizaine de véhicules de moyenne gamme sur lesquels reposait l’essentiel des volumes de ce marché en plein boom. Ces véhicules étaient écoulés en Algérie en passant quasi systématiquement par le tarif préférentiel dont jouit un détenteur de licence de moudjahid, permettant au concessionnaire de diversifier ses sources de dividendes et de soigner considérablement sa marge bénéficiaire. C’est pourquoi le nouveau cahier des charges est venu mettre un frein aux importations de véhicules qui coûtent cher à l’Etat et qui ne profitent pas à la clientèle ciblée par la réouverture du marché du neuf.
Un changement d’orientation que le ministre ne manque pas de souligner en ajoutant que le nouveau texte introduit des mesures qui devraient «empêcher les importateurs d’aller vers les modèles coûtant 40 000 dollars à 50 000 dollars». Ces mesures portent, entre autres, sur «les taxes qui seront appliquées pour ce type de véhicules», citera-t-il. Et d’insister sur l’objectif que vise le gouvernement en autorisant le retour aux importations des véhicules de particuliers neufs, expliquant que celui-ci consiste à «répondre aux besoins de la majorité de la clientèle algérienne et non à ceux qui attendent des modèles de luxe». «Si nous ne mettons pas de barrières à travers les textes de loi, on risque de nous retrouver avec 50 000 véhicules haut de gamme importés pour une clientèle bien déterminée et laisser le gros des acheteurs potentiels sans véhicule». Dans le même ordre d’idées, M. Aït Ali a expliqué que les mesures introduites par le nouveau texte vise à mettre en place un marché automobile qui profite à la majorité et non pas à faire plaisir à des concessionnaires. Il reconnaîtra indirectement que ces mesures sont «contraignantes», et qu’«il faudra avoir les reins solides» pour se lancer dans l’aventure. «Personne n’est toutefois dans l’obligation de faire cette activité», ajoutera le ministre de l’Industrie. n