L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a lancé un appel d’offres pour l’achat de 50 000 tonnes d’orges fourragères livrables au mois d’avril prochain. Une très bonne nouvelle pour nos éleveurs bovins et ovins en proie ces derniers mois à un marché local de l’aliment de bétail marqué par une forte hausse des prix.

Par Bouzid Chalabi
Nul doute que ce proche arrivage important en termes de volume d’orges va libérer les éleveurs de l’anxiété dans laquelle ils sont plongés ces deux derniers mois de l’année courante suite à la cherté de l’orge fourragère, aliment d’alternatif pour leur cheptel en manque de broutage conséquemment à la sécheresse qui sévit sur les parcours pastoraux rendant la couverture végétale inexistante. Faut-il rappeler que les éleveurs après des mois d’incertitude se voient ainsi réconforter par ce prochain arrivage d’orges. En effet, ils vont pouvoir disposer de quantités nécessaires pour une bonne conduite de leur élevage et surtout ne plus être à la merci de la spéculation sur cet aliment de bétail ce qui a provoqué une forte envolée sur le prix du quintal d’orges. En témoignent les tarifs qui ont atteint des cimes inimaginables, à savoir 7000 DA le quintal d’orge et 5000 DA le quintal de son, ce qui devenait pour la grande majorité des éleveurs impossible de se ravitailler en orge fourragère. Et quand c’est le cas, c’est par de très faibles quantités au détriment de leur besoins réels.
Il est utile de rappeler que les éleveurs ont déploré que les mesures prises en leur faveur par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural à la fin du mois de janvier n’ont pas été suivies d’effets sur le terrain. En effet, les mesures consistaient en l’augmentation de la ration d’orge subventionnée pour le mois de février 2022, mais jusqu’ici les éleveurs n’ont connu aucun satisfecit, a-t-on appris du côté de la Fédération des éleveurs ovins. «C’est peut-être que le ministère n’a pas pu répondre la forte et subite demande en orge et qu’il n’a trouvé d’autres alternatives que de revoir à la baisse le volume du quota fixé pour les éleveurs calculé sur la base de la déclaration du nombre de têtes dont dispose chaque éleveur», avance un membre de ladite fédération rapproché par Reporters. Notre interlocuteur espère que cette fois-ci avec l’arrivage d’un si important volume d’orges fourragères, le ministère va pouvoir satisfaire les éleveurs en quantité suffisante d’orge».
Pour revenir enfin au nouveau quota pour le cheptel ovin décidé par le ministère suite à la sécheresse, le ration d’orge octroyé est passé de 300 gramme à 1 kg/jour/brebis, alors que la ration journalière du cheptel camelin passera de 2 kg/jour/chamelle à 4 kg, et celle du cheptel équin qui est actuellement 2 kg passera à 4 kg/jour/tête.
A propos de la distribution des quantités supplémentaires d’orge, on apprend qu’elle se fera sur la base d’une liste des éleveurs, établie par les commissions locales selon les procédures en vigueur. Un dispositif qui vise à couper l’herbe à la spéculation. Quant aux prix administrés de l’orge, il sera de 2000 da/q contre 1500 da/q auparavant compte tenu de la hausse des cours d’orge sur le marché international. n