Depuis la fête du Mouloud, période où la demande est forte, engendrant des prix à la hausse, les prix du poulet ne connaissent pas de répit au grand dam des consommateurs.

Par Bouzid Chalabi
En effet, depuis le poulet éviscéré est resté scotché dans la fourchette des 450 à 500 DA le kilogramme, sans parler des quartiers désossés (blanc ou poitrine) qui ont atteint la barre des 800 DA/kg. De quoi dissuader les ménages à faibles revenus, voire même à moyens revenus.
Des professionnels de la filière avicole, approchés hier par Reporters, rapportent à l’unanimité que les prix actuels étaient attendus. «Pis encore, ils risquent de se maintenir pendant quelques semaines compte tenu que l’offre sur le marché va aller en se déclinant en raison de la rareté sur le marché de l’élevage avicole du poussin d’un jour», attestent nos locuteurs. Précisant par ailleurs que «les batteries d’élevages sont restées vides par l’effet du manque de poussins sur le marché. Et en supposant que l’offre en poussins va augmenter, les aviculteurs pourront reprendre du service mais il faudra atteindre encore pas moins de 45 jours pour que les élevages atteignent une taille marchande». Une annonce décevante pour les consommateurs. Pis encore, le Conseil national interprofessionnel de la filière avicole redoute une nouvelle hausse des prix. Des membres du Conseil, contactés par Reporters, avancent que «plus le poussin d’un jour se fait rare, plus l’éventualité de voir les prix grimper sur les étals se confirme. Leur baisse reste tributaire de la disponibilité sur le marché national d’une quantité très importante de poussins d’un jour». Or, selon nos locuteurs, «le marché national est en proie actuellement à un grand écart entre l’offre et la demande». A ce titre, on apprend que «les besoins nationaux sont de 8 millions de poussins d’un jour chaque semaine. Mais cette quantité n’est pas disponible». L’un d’eux, enchaînant dans ce sens : «Seuls 6 millions de poussins d’un jour sont disponibles chaque semaine, ce qui est insuffisant par rapport à la demande nationale.» Toujours dans ce même registre, on apprend que «70% des besoins de la filière en poussins d’un jour sont importés, le reste assuré par des couvoirs locaux».
Notons également que non seulement les aviculteurs font face ces dernières semaines à la rareté du poussin d’un jour, destiné à devenir du poulet de chair, mais depuis le début de l’année, les prix de cet intrant n’ont cessé de grimper. Il est, en effet, passé de 80 dinars le poussin à 150 dinars, pour finir à 170 DA. En clair, la somme de ces deux facteurs a influé grandement sur l’augmentation du prix du poulet et aussi celui de l’œuf, qui a atteint ces jours-ci au détail 16 DA l’unité.
Soulignons enfin que du côté des services du département Production animale près du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, on affirme depuis quelque temps que «l’importation de grandes quantités de poussins d’un jour va permettre de faire baisser le prix du poussin de chair et, par ricochet, une revue à la baisse des prix à la consommation du poulet de chair». Un moyen de couper les ailes de la cherté de la viande blanche. C’est du moins ce qu’espère une grande frange de la population fortement laminée par la hausse des prix des denrées alimentaires au point de rendre leur pouvoir d’achat des plus insignifiants. n