L’électricité étant un type d’énergie difficile à stocker, Sonelgaz cherche actuellement à trouver des débouchés commerciaux pour en vendre l’excédent.

Elle en a déjà vendu de petites quantités en Tunisie et en Espagne. L’appétit, dit-on, vient en mangeant, l’électricien algérien voit grand et désire écouler davantage d’électricité, notamment en Europe, avec comme objectif à long terme, entre autres, l’introduction de Sonelgaz à la Bourse d’Espagne. En visite de travail, dimanche dernier, dans la wilaya de Bouira, le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni, a expliqué que Sonelgaz a un réel projet dans ce domaine, soulignant que le dossier relatif à l’exportation de l’électricité remonte à plusieurs années. La nouveauté dans ce dossier, a-t-il dit, est que l’Algérie va aller vers la Bourse pour vendre son excédent d’électricité à la Tunisie et au Maroc. Selon les précisions fournies par le ministre, l’Algérie dispose d’une capacité de production d’électricité de 19 000 mégawatts et d’un excédent de 9 000 mégawatts en hiver. Il reste, cependant, diverses opérations à mener avant d’entamer l’exportation de l’électricité à grande échelle. La mise en place d’un câble sous-marin reliant l’Algérie à l’Espagne est un préalable nécessaire à l’exportation. Le ministère de l’Energie semble s’atteler à dessiner les contours de ce projet. Il prévoit la mise en place d’un câble électrique sous-marin reliant les deux pays et le projet aurait déjà été discuté, à en croire le quotidien ibérique La Voz de Almeria, qui a précisé, dans l’une de ses livraisons, que ce câble s’étendrait d’Oran à Almeria et plusieurs centrales électriques à cycle combiné, fonctionnant au gaz (algérien), seront réalisées à cet effet. Il serait parallèle au gazoduc Medgaz, qui relie déjà les deux pays depuis avril 2011 de Beni Saf à Almeria, géré par un consortium détenu à 43% par Sonatrach, 42% par Cepsa (Compagnie espagnole de pétrole) et 15% par Gas Natural Fenosa (fournisseur espagnol de gaz et d’électricité). Le journal indique que l’interconnexion en perspective pourrait, cependant, poser un problème de financement. Forcément très élevé, le coût devrait être supporté par l’Espagne et l’Union européenne. C’est, en tout cas, le souhait de l’Algérie dont les finances ont été mises à mal par la baisse des cours du pétrole. Bruxelles avait déjà signé plusieurs chèques pour Medgaz, d’un montant total de 3,4 milliards d’euros, pour ce dossier estampillé « Projet d’intérêt prioritaire des réseaux trans-européens » du secteur de l’énergie. La Voz de Almeria estime cependant que, pour le câble électrique sous-marin, les données sont tout autres, ajoutant : «Autant sécuriser l’approvisionnement en gaz demeure indispensable pour l’Europe, autant l’Espagne n’aurait pas besoin de plus d’électricité pour faire face à sa demande intérieure».
L’Opep a fait montre d’une approche plus cohérente
Ainsi, le pari de l’interconnexion est loin d’être gagné. Mais Sonelgaz veut se jeter dans la bataille des exportations en s’entourant, bien entendu, des meilleures garanties que peut offrir l’interconnexion pour le transport de l’électricité, et la Bourse pour la compétitivité des prix. Guitouni a d’ailleurs souligné à ce sujet que «l’excédent d’électricité, nous allons le commercialiser. Nous devons être prêts pour cela avec la préparation des réseaux (l’interconnexion) et la mise en place de mesures de protection nécessaires afin de le faire vendre». Le ministre a estimé impératif, pour l’Algérie, de diversifier son économie et d’aller vers des exportations hors hydrocarbures afin «de se libérer de la dépendance à la rente pétrolière». Au sujet du programme des Hauts-Plateaux, il a mis l’accent sur la nécessité d’aller vers le renouvelable, rappelant que le pays a élaboré un plan de 22 000 mégawatts d’énergie solaire, dont 400 mégawatts sont déjà exploités, et dont la maintenance et l’entretien des équipements sont assurés par des ingénieurs algériens. Il a également indiqué avoir lancé un cahier des charges pour un projet de production de 200 autres mégawatts d’énergie solaire, dont 150 seront réalisés par des opérateurs algériens. Les 50 restants sont confiés au groupe Sonelgaz. Au chapitre du schiste, Guitouni a préconisé une utilisation rationnelle du gaz, tout en assurant que l’Algérie renferme des potentialités importantes. «Le pays a un avenir énergétique prometteur qui durera plusieurs années», a affirmé le ministre, appelant les autres opérateurs à s’impliquer dans cette dynamique énergétique. Il a en outre souligné que Sonatrach ne peut pas travailler seule et qu’il faut des moyens financiers et technologiques pour arriver à exploiter toutes ces potentialités. A propos des prix du pétrole, il a expliqué que la baisse est née de quelques problèmes géopolitiques. Guitouni pense que les cours de l’or noir vont osciller entre 60 et 65 dollars le baril, en 2019. A une question relative à la déclaration du ministre saoudien de l’Energie, faite il y a deux jours, il a estimé que seule l’Opep est habilitée à décider du prix du pétrole. Et selon lui, l’organisation a fait ses preuves. «Et nous, nous allons œuvrer, a-t-il affirmé, pour la renforcer dans ses prérogatives».