La première édition du « Printemps des arts » a pris fin, hier, en présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, après huit jours d’exposition, à Alger, de près de cinq cents œuvres présentées par plus de cent cinquante artistes qui, au final, ont réussi à n’écouler que 5 à 10 % des œuvres proposées à la vente.

Premier rendez-vous d’envergure nationale dédié à la dynamisation du marché de l’art et à son organisation, la première édition du «Printemps des arts », qui s’est déroulée du 5 au 12 mai au Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger, entièrement financée par le ministère de la Culture, a été marquée par la découverte et la redécouverte de 130 plasticiens et sculpteurs indépendants, en plus de 45 autres artistes représentés par six galeries et associations.
A l’occasion de la clôture de cette manifestation, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a précisé, hier, que l’objectif était maintenant de pérenniser ce type de manifestation à but culturel et commercial, mettant en relation des artistes et des acheteurs d’œuvres d’art. «Nous sommes bien sûr heureux de la réussite de cette édition de lancement», a-t-il indiqué.
Le ministre de la Culture a ajouté, à propos des objectifs de son secteur, qu’«il s’agit avant tout d’arriver à la pérennisation de l’événement. Il ne s’agit pas d’organiser une telle expérience et de s’arrêter par la suite. Par ailleurs, il faudra maintenant prendre en compte ce qui a été dit durant la journée d’étude. Les recommandations pratiques permettront d’améliorer le climat qui entoure le marché de l’art dans le but de permettre au plus grand nombre d’artistes de commercialiser leurs oeuvres ». En effet, la journée d’étude, tenue le 10 mai dernier, a abordé, entre autres, des questions telles que les mécanismes à mettre en place pour que l’artiste devienne un opérateur économique, la protection des droits d’auteurs des artistes, les modalités permettant l’exportation des toiles et sculptures ou encore celle des espaces de production artistique. Le ministre a, dans ce sillage, fait savoir, hier, que la commission chargée d’organiser «Le Printemps des arts », composée notamment d’artistes, de galeristes et de directeurs de musée, devait maintenant «se réunir afin de rédiger le rapport final, mais aussi de préparer la prochaine édition ».
Toutefois, à propos de cette première édition, qui a sélectionné un nombre relativement limité d’artistes, issus principalement du nord du pays, malgré l’appel lancé dans toutes les wilayas et l’annonce d’une prise en charge totale des frais d’hébergement par le ministère, les organisateurs ont fait savoir qu’ils avaient été également confrontés à la question de l’espace disponible pour accueillir les artistes.
Par ailleurs, le ministre de la Culture a également annoncé, hier, qu’une manifestation «similaire» serait prochainement organisée pour les artistes spécialisés dans le patrimoine, en précisant : «Nous allons organiser avant la fin de l’année une exposition similaire, mais destinée, cette fois-ci, à l’art au service du patrimoine. C’est-à-dire aux travaux des artistes qui s’inspirent de notre patrimoine national, par exemple de l’art du Tassili, de la Casbah ou des costumes traditionnels. Les artistes pourront mettre en avant les spécificités culturelles de leur région.»
Quant aux ventes de toiles et de sculptures, l’un des objectifs principaux de l’organisation de cette manifestation, les chiffres obtenus, hier, auprès des artistes varient entre une vingtaine et une cinquantaine d’œuvres ayant trouvé acquéreurs. Il est à noter que les prix affichés librement définis par les artistes ont pour leur part oscillé en moyenne entre 20 000 et 250 000 DA pour les toiles et jusqu’à 650 000 DA pour les sculptures.
Il est à noter néanmoins que les prix du dernier jour contrastent avec ceux annoncés lors de l’ouverture, dont le prix de départ des toiles était au minimum de 55 000 DA. La question qui se pose est de savoir si ce rabais exprime un certain désamour envers l’achat des œuvres d’art, un manque d’engouement pour cet art… En tout état de cause, cela prouve du moins que le chemin est encore long pour les artistes, malgré la satisfaction des organisateurs.