Le retour à l’importation de véhicules ne fait pas partie des plans du gouvernement, le marché local devra se contenter de ce que lui fournit l’assemblage intra muros, même si, d’un côté, la facture des importations de kit CKD-SKD ne cesse d’augmenter et que, de l’autre côté, les prix affichés de la voiture «made in Bladi» défient toute logique commerciale à travers des hausses de plusieurs dizaines de milliers de dinars par rapport à ceux des véhicules importés.

Cette démarche a été de nouveau rappelée et soutenue, jeudi, par le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, à l’APN. «L’installation des usines de montage de voitures en Algérie est un choix irréversible de l’Etat, qui est venu après l’interdiction des opérations d’importation qui drainaient des milliards de dollars des caisses de l’Etat», a, en effet, déclaré M. Yousfi, lors d’une séance de questions orales des députés à l’Assemblée populaire nationale. Pour défendre ce choix, le ministre a tenté de mettre en évidence les efforts de l’Algérie au profit d’un «tissu industriel» qui, a-t-il indiqué, « se renforce jour après jour et s’oriente vers la création d’un climat propice au développement de la sous-traitance, pour parachever la première phase de l’industrie automobile, le montage et l’assemblage, avant de parvenir à une véritable industrie automobile». Sur le registre de la sous-traitance, le premier responsable du secteur dira que cette branche pourrait donner lieu à la création de centaines d’entreprises de sous-traitance locales qui généreront des emplois.
M. Yousfi insistera sur l’indispensable développement de la sous-traitance sans laquelle l’industrie automobile ne saurait exister comme ultime phase après le montage et l’assemblage. A travers ces explications, le ministre s’inscrit dans la même logique de discours qu’il avait développé, il y a quelques semaines, considérant qu’une industrie automobile avait besoin de «20 ou 30 ans » pour s’installer en Algérie. En attendant, la sous-traitance locale trouve d’énormes difficultés à intégrer les chaînes de montage des usines opérationnelles en Algérie, même si les responsables concernés se plaisent à rappeler régulièrement qu’un cahier des charges a été élaboré dans cette perspective en fixant un ensemble d’obligations aux constructeurs en contrepartie des avantages accordés. Et cela a été réitéré par Youcef Yousfi. Ce dernier a de nouveau souligné, devant les députés, que «l’objectif de ce cahier des charges, contenu dans le décret exécutif
N° 17-344 du 28 novembre 2017, est de pallier aux insuffisances enregistrées, c’est-à-dire la nécessité de passer par la phase montage et assemblage afin de parvenir à la fabrication de parties puis de pièces de rechange et, partant, à une véritable industrie automobile, a-t-il ajouté.
Le cahier des charges prévoit un ensemble d’engagements relatifs à la nécessité d’atteindre un taux d’intégration minimum de 15% après la troisième année d’activité, et de 40% à 60% après la cinquième année, outre le respect par le constructeur-partenaire de vendre les collections destinées au montage au même prix que celui de sortie d’usine.n